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    Sur le sable

     

    Au rythme de nos pensées
    La vie s'écrit sur le sable
    Et la vague l'efface

    Chaque pensée plus belle
    Chaque image plus chère
    Chaque vague plus douce

    Demeurer au creux
    Du ressac parfait
    Oublier le trait

    Être le sable
    Être le flux qui part
    Le mot disparu

     

     

     

     


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  •     On a souvent entendu parler de l'Éveil comme d'une Félicité suprême, ce qui nous pousse à le confondre avec l'extase "mystique". Mais l'extase est, comme on le sait également, le fruit d'une montée d'énergie vers le cerveau, énergie basique puisqu'elle part de la base de notre corps et est donc d'origine sexuelle - transmutée il est vrai.
     

        C'est ainsi que certains observateurs ont pu douter de la qualité de l'extase de Thérèse d'Avila, telle qu'elle l'exprime dans le paragraphe de sa vie qui a inspiré la sculpture du Bernin, extase pourtant marquée très explicitement par l'explosion de l'énergie au niveau du Cœur.

     

    Sainte Thérèse d'Avila, Le Bernin

     

      Dans notre vie pourtant rien ne change et si nous croyons découvrir l'extase à l'âge adulte en pratiquant la méditation, nous pouvons en réfléchissant un peu nous apercevoir que nous l'avions déjà expérimentée tout petits... 

     

    ENFANCE

       Tu pesais sur mes doigts comme un trésor précieux, mon enfant adoré. La nuit s’ouvrait et te recueillait avec mon baiser. Je ne sortais que peu de ton cocon d’argent, et le silence égrenait sur mon cœur des angoisses et des attentes.

      J’étais fil de l’araignée, rosée du bois, le Jour perlait en gouttes à mon front, et je courais par les aubes fraîches à la rencontre de mes saisons.

     Oh ! l’envol de mes après-midi suprêmes où, dans l’asphyxie de mes membres et de ma poitrine, j’expirais, cramponnée à la grille, le baiser immense du crépuscule d’été !

     (Martine Maillard, extrait de "Renaître", éditions Stellamaris)

      

        La fusion fantastique avec le Tout chantée par Isolde à la fin de l'Opéra de Wagner* fut mon opium des années durant. Mais ne s'agit-il pas pourtant tout bêtement de la nostalgie du "retour au sein maternel", soit d'un engloutissement pur et simple dans la matière ?  

          La félicité parfaite que nous pouvons ressentir lors d'une méditation provient de la paix éprouvée et de l'ouverture du coeur. Mais ce n'est qu'une étape. Nous sommes heureux d'oublier notre corps physique, mais nous baignons dans notre corps émotionnel, astral : l'influence de Neptune, le grand "mystique" doit nous rappeler qu'en tant que dieu des mers, Poséidon nous offre une vision trouble des choses.
        Plus haut Zeus, roi du Ciel, (qui se prononce en grec "Djoüs" ce qui a donné en latin Jovis, le "Jus-pater" qu'on appelle Jupiter, mais qui rappelle fortement notre "JE") nous ouvre l'immensité de l'espace : mais c'est encore un espace mental.

         Il faut aller au-delà... 

      


     * Dans l'Opéra "Tristan et Isolde" Wagner est influencé par Schopenhauer et déjà les philosophies orientales ; et dans le texte qu'il a lui-même composé Isolde s'éteint en saluant les vagues délicieuses qui s'emparent d'elle, et en clamant qu'elle se noie, se confond dans l'immense respiration de l'Univers - "Joie suprême" ! (C'est son dernier mot).

     

     


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  •     

          Le thème astral est un cliché instantané du disque de l’équateur céleste au moment de notre naissance à ce monde.

           L’étudier permet de mieux comprendre le fonctionnement de notre personnalité, et si certains astrologues sont aptes à des prédictions, c’est uniquement parce que les événements de notre vie sont le fruit des tendances de notre personnalité. De plus, les astres que l’on représente et qui servent de base aux interprétations sont les symboles universels des forces qui nous gouvernent, aussi étudier leur mouvement permet d’anticiper certains états d’âme (je ne dirai pas « situations », mais ressentis par rapport à celles-ci) et ainsi de s’y préparer psychiquement, ou encore de mieux les comprendre.

          On affirme que « l’éveillé » est au-delà de son thème. Sans doute, dans la mesure où il a dépassé sa personnalité terrestre. Mais avant cela, il est parfois utile d’examiner à travers ce miroir notre propre fonctionnement : comment « lâcher » son ego si on ne le connaît pas ? S’il nous assaille par surprise à travers mille émotions incontrôlées ? 

          À titre d’illustration je suis allée sur le site « astrothème » et y ai trouvé le thème natal de Clara Schumann, dont c’est l’anniversaire aujourd’hui... 

     

    Clara Schumann

     
       Née le 13 septembre 1819 à 23h30, cette merveilleuse pianiste fut l’épouse adorée et admirablement fidèle (car elle lui survécut longtemps) du compositeur Robert Schumann.

    Le Thème Natal de Clara Schumann - Astrothème

         Quand vous regardez ce type de représentation, vous devez vous imaginer la terre au centre du cercle, avec le bébé qui naît dessus. Les signes affichés du zodiaque se déroulent sur l’Équateur céleste (qui est la projection de l’Équateur terrestre), ligne sur laquelle uniquement se déplacent les différents astres : le soleil, la lune et les planètes du système solaire. C’est à cause de cette particularité que le zodiaque a été retenu : parce qu’il est l’avenue majestueuse sur laquelle semblent marcher les planètes et les luminaires, au fil des mois et des années, la toile de fond de leur rayonnement. Mais les heures du jour y ajoutent un cadre spécifique : en effet, sur ce dessin vous apercevez la ligne d’horizon, qui va de l’ »ascendant » (ou levant, l’horizon est où se lèvent les astres, indiqué par AC avec une petite flèche) au couchant nommé « descendant », à l’opposé (horizon ouest, à droite, ici visible seulement par une encoche noire). En haut nous avons le « milieu du ciel » (MC) ou point culminant de l’équateur céleste au midi de la journée, qui se trouve plus ou moins au milieu du dessin suivant la saison, avec à son strict opposé le « fond du ciel » (ici juste une encoche noire en bas). Quand Clara est née il était près de minuit, et c’est ce que nous pouvons voir avec ce soleil tout proche du point « fond du ciel » et y arrivant par la droite puisque le couchant est à droite sur le dessin. 

           Selon l’interprétation traditionnelle, toutes les planètes situées à gauche (vers l’ascendant) représentent des tendances du sujet à se valoriser, à se mettre en avant, à s’affirmer : c’est la zone du « moi ». Avec la lune en Cancer, Clara s’affirme comme une personne très douce et romantique ; cependant Mars juste au dessus indique une combativité rare, dont elle fera preuve à la fois dans son acharnement au travail (ce fut la plus grande concertiste de son siècle !) et dans sa détermination à combattre son père qui refusait catégoriquement sa relation avec le compositeur Robert Schumann, mais dont elle viendra à bout.
         À l’opposé, toutes les planètes ou astres situés à droite (vers le couchant) représentent les qualités que le sujet prête aux autres, ses attentes ou son comportement en société. Clara a deux planètes lentes dans ce secteur, plus Jupiter, ce qui montre pour elle l’importance du public, et son exigence de se donner à fond (Neptune, planète mystique) dans un engagement novateur (Uranus, planète révolutionnaire). 

           Au milieu du ciel les planètes évoquent les aspirations du sujet et son évolution de carrière : ici, deux planètes lourdes et très lentes également, Saturne et Pluton, semblent indiquer un tempérament très concentré et obstiné qui pour atteindre ses buts est prêt à tout, quel que soit le prix à payer (Saturne, l’exigence absolue ; Pluton, le dépassement de soi). En effet, veuve dès 1856, soit 16 ans seulement après son mariage, elle donna des concerts jusqu’en 1891 (jusqu’à l’âge de 72 ans).

          Enfin, le « fond du ciel » évoque le nid, le foyer, la vie familiale. C’est là que se situe pour Clara le principal luminaire, le soleil, et c’est dire combien pour elle comptèrent son foyer et sa vie intime... Malgré ses 14 ans seulement de vie conjugale active (mariée en 1840 dès sa majorité, elle voit son mari hospitalisé dès 1854), elle éleva 8 enfants ! (voir ici). Auprès du soleil nous remarquons Vénus et Mercure, qui représentent l’amour et l’enfance, toute la joie de ce thème astral écartelé.

         En effet, comme vous le voyez il s’ajoute à tout cela des « aspects » : les lignes rouges indiquent des oppositions ou les côtés d’un carré (aspect nommé par contraction un « carré »), ce qui est plutôt stressant, tandis que les lignes bleues indiquent des relations plus harmonieuses entre les planètes (la verte étant plus inconsciente et moins puissante). Et chez Clara, un groupe de planètes se trouvant à chaque angle du ciel, on peut dire qu’elle était sujette à de vives tensions, tiraillée d’une part entre sa carrière et sa vie intime, et d’autre part entre ses aspirations personnelles et l’exigence du public. Dans d’autres thèmes vous pourriez trouver des relations plus harmonieuses et notamment des rassemblements de planètes sur un secteur seulement, ce qui donnerait des personnalités plus d’un bloc, plus unifiées peut-être mais aussi plus figées dans un type de comportement.

    Croix cosmique selon Pierre Lassalle
    Illustration extraite de l’ouvrage de Pierre Lassalle
    « Pratique de la nouvelle Astrologie »
    paru aux éditions De Vecchi en 1987

          Et c’est là que je voulais en venir... Comme l’indique magistralement le « thème astral », toutes ces forces se situent à la périphérie de nous-même. Ce grand cercle, avec à gauche le « moi », à droite « les autres », en haut « les aspirations », en bas « l’intimité », tout cela, ce n’est pas nous ! Nous, nous sommes au centre.

          Comment sortir de nos schémas ? 

          En les dénouant l’un après l’autre par l’observation des forces en présence.

          Revenir au coeur de la roue zodiacale, ce n’est ni entrer dans son intimité (le fond du ciel), ni renforcer son moi (l’ascendant), ni s’adonner aux autres (le couchant), ni valoriser ses aspirations (le milieu du ciel). Celui qui, comme Clara Schumann, a un thème en forme de « Croix cosmique » a peut-être plus de facilité malgré son écartèlement à trouver le point central de toutes ces forces.

            C’est en tout cas le dépassement ultime auquel nous sommes invités. Et, sortant du « Zodiaque », tels des enfants abandonnant le zoo familier, peut-être atteindrons-nous l’éveil ?

           Qui sait.

     

     


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  •      Avec la rentrée de septembre reprennent nos randonnées. Et il faut bien dire que, si le paysage alentour est un peu monotone, le temps aéré par contre nous a fait croire par instants que nous marchions au bord de la mer !

        La première de nos marches a toujours lieu traditionnellement à partir du Bois du Roi, tout près d'Issoudun.

      À la sortie du bois, nous rencontrons la campagne à perte de vue. C'est à peine si quelques fermes en émergent telles des îlots.

    Du Bois-du-Roy vers Les Bordes


       Dans les premiers temps, nous longeons encore le bois, et nous félicitons de l'ombre propice, tout comme du fait que dans notre région quelques bosquets restent ici et là pour rendre le paysage souriant malgré le remembrement.

    Du Bois-du-Roy vers Les Bordes

     
            Bientôt nous sommes au bout, prêts à entamer la grande boucle à travers champs.

    Du Bois-du-Roy vers Les Bordes

     
       Tout occupée à retenir mon chapeau emporté par le vent, je n'ai guère pris de vue supplémentaire... jusqu'à l'arrivée au village des Bordes, où nous rencontrâmes d'immenses enclos à chevaux.

    Du Bois-du-Roy vers Les Bordes

     
         Au loin, les grandes bâtisses que sont les malteries d'Issoudun (avec à droite le bois que nous allons rejoindre après avoir contourné les enclos).

    Du Bois-du-Roy vers Les Bordes

     

           Un peu plus à gauche, apparaissent dans le lointain le clocher de l'église Saint-Cyr, le château d'eau et la Tour Blanche, soit le centre historique d'Issoudun.

    Du Bois-du-Roy vers Les Bordes


          Une cavalière nous salue tout en brossant son cheval.

    Du Bois-du-Roy vers Les Bordes

     
       En face, des granges avec la paille et l'eau pour les animaux.

    Du Bois-du-Roy vers Les Bordes


           Une jument s'abrite dans ces stalles avec peut-être son poulain... Je la distinguais mal et l'appareil photo encore moins.

    Du Bois-du-Roy vers Les Bordes

     
         Mais voici semble-t-il un poney qui broute au loin.

    Du Bois-du-Roy vers Les Bordes


           Devant, ces magnifiques chevaux forment un joli couple, près d'un âne gris.

    Du Bois-du-Roy vers Les Bordes


            Nous intéressons le poney, qui accourt !

    Du Bois-du-Roy vers Les Bordes


           L'âne me regarde gentiment, mais fuit la clôture qui est électrifiée !

    Du Bois-du-Roy vers Les Bordes


           Après lui, ces chevaux sont très beaux également...

    Du Bois-du-Roy vers Les Bordes


         Le poney est venu jusqu'à nous ! Mais ce sera ma dernière photo, car de retour dans le bois je n'ai plus trouvé matière à aucun cliché... 

         Jusqu'à une prochaine fois !

     

     


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  •     Ce matin il faisait très beau en centre France. Et vers la fin de la matinée j'eus envie d'aller marcher un peu dans la campagne située juste derrière ma rue. 

     

    Petite histoire

     

      Seulement là je ne marchais pas comme d'habitude. En fait cette promenade n'était qu'un prétexte que j'avais trouvé pour m'isoler et réfléchir tranquillement. Au lieu d'avancer à grands pas en respirant à pleins poumons et en faisant fonctionner tous mes muscles dans un esprit "sportif", j'avançais au ralenti en fixant mes pieds.

        Je butais sur quantité de questions auxquelles je m'efforçais de répondre et pour ne pas me perdre, je les prenais une à une, les éliminant, y revenant sous une autre forme, en évoquant une autre... Ce qui ne m'empêchait pas de me heurter toujours à la même incompréhension.

        Je ne marchais donc qu'à peine et en fixant mes orteils, tandis qu'il me semblait être dans un profond tunnel armée d'une pioche et heurtant la roche de toute mon énergie, pour sans cesse ne rencontrer qu'un bloc hermétique, impénétrable. Et à force de tergiverser en passant d'une idée à une autre je fus soudain si désespérée qu'intérieurement je me mis à appeler :

         -  Au secours !! Au secours !!

       C'est alors que j'entendis une voix derrière moi.

         Je pensai : "ça y est, des gêneurs !"... Des promeneurs, quoi, qui allaient certainement briser ma déchirante méditation.

        Mais aussitôt je me ressaisis et corrigeai : "Ne viens-tu pas d'appeler au secours ? Alors, les secours arrivent voyons !"

         Je me retournai et aperçus en haut du chemin de terre raviné et caillouteux sur lequel je me trouvais un garçonnet à vélo. À qui parlait-il ? Je continuai tout doucement d'avancer en montant sur le bas-côté pour qu'il puisse rouler.

     

    Petite histoire
    (photo tirée du net)

     

        Il s'approcha, juché sur un VTT d'adulte qui paraissait immense pour ses douze ans environ et m'interrogea sur le chemin à suivre, tandis qu'arrivait au triple galop son compagnon, un gros labrador beige.

     

    Labrador
    (Photo du net)

     

        L'animal, détaché et démuni de collier, se précipita sur moi en aboyant. Ce n'est pas un labrador qui allait m'impressionner... Je posai donc mon bâton à terre pour ne pas l'effrayer et lui fis face en souriant, tandis que le gamin, lui criait : "Ta bouche ! Ferme ta bouche !" C'était assez cocasse... mais je ne comprenais pas le nom du chien.

          Celui-ci cependant sautillait sur place devant moi en aboyant opiniâtrement. Je lui tendis la main pour me donner à connaître et, après l'avoir flairée il s'éloigna pour pisser un peu plus loin et bien me montrer qu'il était un garçon.

         Je demandai au jeune maître :

           -  C'est comment, son nom ?
           -  Satanas !
           - Ah ! Je comprends maintenant pourquoi il n'est pas commode !! 

      Le jeune cycliste se remit à pédaler en entraîna le chien à sa suite en me lançant :

           - Comme ça il va être bien fatigué !

     

          Il m'avait rendu le sourire. Je repartis plus gaiement en songeant à ce chien... "Satanas"! Un nom qui m'évoquait le parfait objecteur de conscience... Et soudain je compris son manège. Ce chien était le sauveur que j'avais appelé. Il était tout simplement venu me réprimander. En aboyant ainsi devant moi, voici ce qu'il me disait :

           - Dis donc, tu n'as pas bientôt fini de te torturer le ciboulot ? Tu crois que c'est une solution ! Arrête !!

            Je riais, maintenant. Je pensais que les chiens sont des maîtres remarquables en matière d'humilité et de patience.

               Et puis je me dis que cela avait été un chien, mais que cela aurait pu tout aussi bien être une pierre, ou une averse. Le maître s'exprime par tous les moyens.

             Ensuite le paysage s'est mis à rire aussi autour de moi. 
             Comme cet épouvantail rigolo.

     

     Epouvantail

      

         Ou comme ces jolis bouleaux plein de douceur...

     

     Bouleaux

             Je suis rentrée en marchant un peu plus vite... À peine.

     

      


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