•     J'aimerais savoir ce que vous pensez de ce poème, qui fait partie de ma ligne "mystique" - poèmes que je pense publier prochainement sous l'intitulé général "Regards", car il y en aura de différentes sources d'inspiration. Est-il trop long ? Trop bavard ? Amphigourique ? C'est ce que je redoute parfois... De toutes façons il sera sans nul doute le plus long texte du recueil, et serait placé au centre, ce qui n'est pas anodin.

     Orphee-jouant-devant-les-Thraces.jpgOrphée jouant devant les Thraces
    (Reproduction d'un vase ancien) 

     

     Il marchait depuis longtemps.
    Le vieillard lui avait indiqué chaque embûche,
    Chaque passage de sa route :
    Sur une pierre il avait laissé son manteau,
    Sur une autre il avait laissé son chapeau
    Et, voyageur infatigable,
    Là où tout autre eût été harassé,
    Il marchait dans ses sandales de cuir souple,
    Un linge simplement enroulé sur le corps,
    Au long d’une immense plaine empierrée
    Dont la poussière chaude volait jusqu’à son visage
    Au souffle des brises tournoyantes.

     Enfin il aperçut le bois sacré.
    Alors il s’agenouilla, rejeta ses mains en arrière,
    Et le visage levé, s’écria :
    « O Saint des Saints, je te prie !
    Ne m’interdis pas ici l’entrée de ta demeure ! »
    Ce disant il avait relevé ses deux mains
    Jusque devant son visage
    Et il priait avec ferveur.
     

    La brise chanta sur les feuillages
    Et il vit bruire les cimes des arbres
    Dont les branches doucement ployèrent,
    Danseuses à son regard ravi.
    Alors il baissa le front jusqu’à terre,
    Se releva
    Et entra.


    Comme une cathédrale
    Vibrait le bois autour de lui,
    Resplendissant de lumière émeraude.
    Les rais de soleil frappaient les troncs et le sentier,
    Alternant avec les taches sombres des feuillages.
    Quelle fraîcheur !
    Quelle extase !


    Il avait fermé les yeux pour mieux humer l’odeur des mousses,
    Pour mieux sentir à ses joues leur haleine…
    Il s’immobilisa, recueilli dans l’écoute :
    Une musique divine lui semblait emplir l’air,
    Émanée du cœur du bois.


    Les yeux clos il marcha
    Comme un aveugle,
    Guidé par le chant seul qui s’épanchait.
    Son cœur se serrait d’une émotion poignante.
    Quand elle lui devint intolérable
    Il eut peur et ouvrit les yeux.


    Devant lui se dessinait une petite grotte
    Coiffée d’un rocher gris,
    Tout enfouie sous la verdure
    Des pins, des bouleaux et des hêtres.


    Sur un autel de grès
    Était posée la Lyre,
    Flamboyante d’or et de pierreries,
    Aux sept cordes d’arc-en-ciel.


    Il tomba à genoux et pleura.
    Longtemps après, il releva la tête.
    « O Lyre divine,
    Murmura-t-il enfin,
    Tu es belle comme le monde !
    Belle comme un animal,
    Avec ton dos d’écailles
    Et tes cornes puissantes ;
    Belle comme cette forêt,
    Avec tes émeraudes et tes ors lumineux ;
    Belle comme la terre,
    Avec tes rubis et tes pierreries…
    Mais surtout, tu es belle comme l’espace,
    Belle comme l’univers,
    À cause de tes sept cordes
    Qui sont la résonance du Tout,
    La résonance même de l’Immensité !
    O Lyre parfaite,
    Saurai-je te comprendre assez ?
    Et connaîtrai-je la clef de chacune de tes notes,
    De chacune de tes puissances suprêmes ?
    Car tu es plus grande que moi-même,
    Tu contiens chaque vibration de mon être,
    Alors que moi, aveugle petit mortel sans racine,
    Je ne connais encore que la corde intermédiaire,
    Faible conscience uniforme : le mi…
    Je n’ose approcher de ta splendeur,
    Tant mon cœur est faible et petit ! »


    À son oreille, le mi vibra ;
    Au même instant il sentit en sa poitrine
    Une vibration semblable en écho.


    Alors il s’avança, pénétra sous la voûte,
    S’inclina devant l’autel,
    Et il prit l’instrument dans ses bras,
    Doucement,
    Comme on prend un enfant
    Très fragile.
    Oh ! Comme elle était lourde !
    Et pourtant si délicate,
    Si exactement adaptée à ses membres…


    « O Lyre divine,
    Promit-il ;
    Je te ferai chanter ! »
    Or, cependant qu’il prononçait ces mots
    En serrant les paupières sur son désir parfait,
    Une seconde corde résonna à son tour :
    À la quinte supérieure, le si.


    Il s’assit sur une pierre
    En laissant reposer le royal instrument
    Sur ses genoux et son épaule.
    Comme elle était légère !
    Remarqua-t-il alors.
    D’une main négligente
    Il effleura les cordes.
    Aussitôt tout son corps tressaillit,
    Comme parcouru d’un fluide brûlant
    Qui s’échappa vers les hauteurs ;
    Et la terre frémit,
    Grondant en ses abysses
    Jusqu’au-dessus des cimes.
    Une lumière émana en halo de l’instrument,
    Et il vit que sa main était d’or,
    Aussi lumineuse que la Lyre.
    Émerveillé, il la crut voir se fondre en un air impalpable…


    « Faut-il vraiment jouer ?
    Pensa-t-il un instant ;
    Faut-il frapper ces cordes brillant comme des étoiles ? »
    Cependant sa main de lumière
    N’était déjà plus qu’espace et que vent,
    Du même vent léger qui traversait la Lyre
    Et la faisait frémir comme la Vie.
    Oh ! Quelle respiration intense le pénétrait !
    Oh ! Comme il sentait le Souffle l’inonder
    Du profond jusqu’au faîte de sa pensée !


    Il serrait l’instrument contre sa poitrine
    Et celui-ci s’adaptait comme un vêtement à son corps :
    La coque d’écailles à son abdomen,
    Les cornes en réceptacle à son thorax,
    La Lyre le contenait tout entier
    Et ses membres l’enserraient amoureusement.
    « Oh ! pria-t-il en extase ;
    Sois musique pour moi ! ... »


    Et il joua.
    Perçut-il chaque son ?
    En était-il capable ?
    Toucha-t-il seulement les cordes ?
    Fut-ce sa volonté qui en décida, ou ses doigts,
    Ou quelque autre puissance ?
    Quoi qu’il en soit, il se sentit périr
    De pur délice…


    Car ce n’était plus la Lyre
    Mais son corps qui jouait.
    Et ne percevant plus rien de lui-même,
    Il sut seulement qu’il était devenu
    Pure musique,
    Jouée par le Vent et la Lumière.
    Plus parole alors :
    Seule
    La Clarté… !

     

     

     

     

     

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  •  
     Oui, les jonquilles montrent leur nez !

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    Mais le temps est encore bien hivernal...

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      Et le crépuscule bien tourmenté.

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      Annonce de vent !

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      D'ailleurs le voisin d'en face a fait tronçonner ses magnifiques sapins, par peur de les recevoir sur son toit ! Quelle misère... (voir ici)

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      Au loin je crois voir une chaîne de montagnes dont les neiges étincellent au couchant.

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      Plus le temps passe et plus le ciel est beau ! J'aimerais pouvoir monter à l'étage de ces maisons pour mieux voir.

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             Comme c'est étrange, cette longue frange de ciel bleu entre les nuées sombres et ourlées !

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      Derrière chez moi les maisons baignent dans une lumière fantomatique, qui est en fait projetée par les nuages incandescents.

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            Les voici, ces nuages !

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        Ou plutôt ceux-ci, vers le soleil ? Qu'on ne me dise pas que le printemps est proche !

    Grues-18fev.jpg



        
      Il y a quelques jours, des grues sont passées ; et elles n'allaient pas vers le nord, mais vers le SUD ! Auraient-elles soudain l'appréhension d'un refroidissement ?

     

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  • Promenadefév14-01

     

    Arbres tordus
    Chemin qui tourne

     

    Vent éperdu
    Eau qui séjourne

     

    Lierre agrippé
    Brindilles sèches

     

    Troncs détrempés
    Mousse bien fraîche

     

     Et puis soleil
    Couleurs chantantes

     

    Brusque réveil
    Joie éclatante

     

    Promenadefev14-02.jpg

     

    Promenadefév14-03-copie-1

     

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    Au bois de Chinault, près d'Issoudun. (Nota : toutes les photos peuvent être agrandies).

     

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  •    Quelle douceur en ce 14 février,  après l'âpreté du vendredi 13 ! Hier, tous les démons se déchaînaient, à travers le vent et la pluie, pour justifier la mauvaise réputation d'une telle journée...

     


       Tandis qu'aujourd'hui, Saint Valentin associé à l'ange de La Tempérance (le chiffre 14 du tarot de Marseille, qui exprime douceur et équilibre) ont soufflé sur nous les effluves mêmes du printemps.

    Temperance.jpg


        Ainsi quelques fleurettes ont ouvert leurs corolles : 

    Fleur3.jpg

     
           - trois perce-neige

    Fleur2.jpg


              - quelques primevères

    Fleur1.jpg


                - un narcisse ! que j'avais dû tuteurer la veille, ainsi que quelques-un de ses congénères, tant le vent furieux les couchait au sol.

        En me promenant, j'ai aussi rencontré des violettes ; mais les plus beaux bouquets furent sans conteste ceux que s'offrirent les amoureux... !

     

    fleur_050.gif           fleur_068.gif    

    valentin 226

     

     

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  • Début ici.

     

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          Sitôt quitté l'étang des Trois Biches qui miroite toujours derrière moi, depuis la vaste esplanade servant de parking, je me lance à la poursuite de mes compagnes déjà loin devant.

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        Mais en fait je vais encore être arrêtée par bien des découvertes...

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         Ce chemin ouvert aux VTT, comme il est boueux !! Ce n'est guère le moment de s'y aventurer...

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       Sur ma droite, le terrain se fait plus accidenté. J'adore ce type de sous-bois un peu mystérieux.

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    Ce grand arbre, comme il penche !

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        Je suis intriguée par cette clairière environnée de résineux, derrière le talus. Tant pis, je vais sauter le fossé rempli d'eau et le gravir.

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    C'est bien ce que je pensais ! Un autre lac !!

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        J'en inspecte le tour... Je m'y serais bien promenée, si ce n'était que je ne veux pas inquiéter ceux avec qui je suis partie.

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        Il semble bien qu'en effet ses abords soient praticables, davantage que ceux de l'étang des Trois Biches : en effet si ce dernier est formé artificiellement par la retenue de l'eau d'une rivière que l'on retrouve en amont et en aval, cette pièce d'eau au contraire semble être une grande mare, dont les proportions s'étendent avec l'abondance des pluies.

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        D'ailleurs sur ma droite, en direction du soleil, on voit ce chemin qui part et semble disposé à en faire le tour.

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        Mais bien vite je reviens sur mes pas pour rejoindre la piste sableuse.

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         Des arbres ont été abattus, dont certains étaient déjà bien malades.

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        Je regrette de n'avoir pas un petit bateau à faire voguer sur ce fleuve miniature, pour le faire passer sous le pont formé par ce gros tronc... Je pense à Venise, Bruges et Amsterdam... 

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        Encore un chemin bien bouillasseux. C'est cela qui est terrible dans cette région : si l'on veut se promener, on a intérêt à rester sur de larges pistes recouvertes d'un revêtement sableux ; le moindre sous-bois cache tôt ou tard un cloaque. D'autant plus avec les engins des forestiers. Il s'agit ici d'un secteur dont la végétation doit être entièrement renouvelée, en raison sans doute de l'âge des arbres qui la composaient. Au début je ne comprenais pas pourquoi de grands espaces de forêt disparaissaient tour à tour ; maintenant je pense que c'est un problème de gestion durable, ce qui explique que l'on coupe systématiquement les secteurs vieillissants pour leur permettre de retrouver une vitalité. 

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         Enfin, j'ai rejoint mes camarades à l'endroit où nous avions laissé nos voitures.

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        Elles sont en train de distribuer le goûter !
        Après un verre de jus d'orange bien apprécié et un morceau de gâteau, je m'apprête à quitter les lieux. Mais je ne vais pas bien loin...

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         Je m'arrête pour admirer ce beau cheval dans son pré tout imbibé d'eau. C'est probablement lui dont j'ai photographié les traces sur le chemin au début de la randonnée.

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        Mais voici que, m'apercevant, il vient à moi !

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        Surprise, je l'attends. Je lui ramasse même quelques herbes sèches, car il n'a pas l'air d'avoir grand-chose à manger dans ce pré...

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         Il est beau comme tout. Je lui fais des bisous, et il ne dit pas non... Un nouvel ami !

     

     

     

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