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    paques 019     

    Revenez, cloches endormies !         paques 091

     

     
       Il y a bien, bien longtemps je suis allée vous chercher, et c'est aujourd'hui ce que je me rappelle, car mes plus beaux voyages je les ai faits très jeune, et je n'en garde que de merveilleux souvenirs.
     
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        Comme vous le voyez sur cette photo, prise sur un tout petit appareil argentique, il s'agit de la basilique Saint-François d'Assise, prise en avril 1967 juste après Pâques.
       Âgée de pas tout à fait 16 ans encore, je participais au pèlerinage des chorales liturgiques de France, et devais chanter en la basilique Saint-Pierre de Rome pour la messe de Quasimodo (1er dimanche après Pâques).
     

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       D'Assise, où nous logions chez l'habitant, nous montâmes à pied aux Carceri - l'Ermitage de Saint-François - en traversant les champs d'oliviers.
     
    Naples-01.jpg   (Le Vésuve vu du car)
     
         Après une courte visite de Florence, nous atteignîmes Rome, d'où nous fîmes une excursion jusqu'à Naples, hélas sous une pluie battante.
     
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          Enfin à Rome nous trouvâmes le soleil et j'en profitai pour me promener abondamment dans la ville antique...

     
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       Nous fûmes bien sûr reçus par la pape Paul VI (pris ici dans un des transepts de la basilique Saint-Pierre bondée).


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    (Intérieur de la basilique Saint-Pierre - carte postale achetée sur place à l'époque)
     

       Lors de la messe dominicale je m'appliquai à chanter parfaitement le grégorien, que je suivais en neumes sur ma portée à quatre lignes. Nous n'avions pas que cela à chanter, bien sûr, le concile était passé par là, et nous avions aussi de jolis airs français contemporains à plusieurs voix. Mais nous entonnâmes au moins le "Victimae pascali laudes", la fameuse séquence de Pâques qui remonte au XIe siècle... 

     


       Nous chantâmes aussi le joli psaume d'entrée qui donne son nom au dimanche concerné : "dimanche de Quasimodo", non pas à cause d'un quelconque rapport avec un personnage de Hugo - lequel justement devait son nom à ce dimanche -, mais à cause du premier mot de son psaume d'entrée en latin, "quasimodo", qui signifie "comme" (ou "de la même façon que") :
    "Comme des enfants nouveaux-nés, raisonnables et sans malice" (c'est du moins ainsi que je comprenais la suite "rationabiles, sine dolo"... voyez cependant la traduction officielle ici : "sine dolo" est en relation avec "lac" : le lait sans malignité, donc pur), "lac concupiscite" : "désirez ardemment le lait" (spirituel). J'ai beaucoup aimé cet air, qui comme les autres que nous entonnâmes en grégorien ( les différentes parties de la messe "lux et origo" que vous pouvez retrouver ici), me semblait joliment orné. 
     
         Nous en avons rapporté un microsillon, qu'hélas je ne retrouve plus depuis tant de déménagements.

           Ce que j'évoque ici peut rebuter certains, aussi vais-je m'expliquer.

            Les démarches religieuses de notre enfance sont le ciment de notre vie spirituelle ultérieure, comme les racines sont le support de l'arbre qui grandit.
       Cette marche dans la montagne jusqu'à l'ermitage de Saint-François ; ces chants pleins de fraîcheur et porteurs d'une puissance ancestrale forment, avec bien d'autres expériences, le terreau qui m'a conduite à ce que je ressens maintenant. Mais ils ne sont pas pour autant indispensables au monde actuel : le latin, le chant grégorien, ont pour moi la même valeur que le sanskrit ou les sutras tibétains ; ce sont des références, mais des références parmi d'autres.

        Et pour exprimer la joie pascale aujourd'hui, toutes les formes sont possibles, des chants d'oiseaux aux rires d'enfants, de la chasse aux œufs au repas en famille !
     
     
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         Ainsi donc :

    JOYEUSES PÂQUES À TOUS !

     
     
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    Ce matin il neigeait, à tout petits flocons certes...

     

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      Et cet après-midi, il fait si sombre que, pour le coup, on pense vraiment aux Ténèbres qui se sont abattues sur le monde après la mort du Christ.

     

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        On se croirait à la Toussaint !

          Les week-ends de Pâques se suivent et ne se ressemblent pas ; comme les saisons d'ailleurs et tout sur cette terre qui est mouvance perpétuelle. Retour des choses? Certainement pas ! Je n'ai jamais rien vu se reproduire de façon semblable ici-bas, et, comme le dit si justement Héraclite : "On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve".

       J'ai évoqué plusieurs week-ends de Pâques depuis l'ouverture de ce blog (mai 2005), et j'étais persuadée avoir évoqué les Leçons de Ténèbres de François Couperin mais n'en retrouve toutefois aucune trace musicale dans mes archives...

       Cette année, l'élection inattendue d'un nouveau pape adoptant le nom de François, et qui est allé laver les pieds de jeunes délinquants non chrétiens dans une prison romaine me reconduit à François d'Assise, que j'aime depuis longtemps, et pour lequel Olivier Messiaen composa un si extraordinaire opéra.

       Au début de l'Acte 3, François demande à Jésus de lui faire ressentir sa douleur de crucifié. C'est la fameuse scène des stigmates, saisie dans la vidéo ci-dessous. 

     


     

        C'est la nuit, une nuit d'épouvante qui n'est pas sans rappeler celles qui hantent les opéras romantiques comme le Freischütz de Weber. Les cris des chouettes éclatent comme des coups de poignard dans une obscurité que traversent des voix inquiétantes. Le thème doux et paisible de François montre celui-ci arrivant ; puis sa demande incroyable est ponctuée de grands sauts d'octave qui traduisent sa décision irrévocable. Alors la voix du Christ retentit, représentée par le chœur des femmes qui la rend plus vaste et plus floue à la fois, tandis que l'orchestre "dessine" la sueur et le sang qui ruissellent, puis le marteau qui frappe et enfonce les clous... Le vent siffle... C'est vraiment la Ténèbre et l'horreur. François d'ailleurs ne s'en remettra pas ; sa fin est proche. Mais dans son extase, la Voix d'en-haut est toujours plus forte, clamant sa vérité dans toutes les voix du chœur - hommes et femmes - jusqu'à ce que les plaies deviennent visibles... et alors s'étend le calme de l'adoration.

         Aussi long qu'il paraisse, cet opéra, qui a le mérite d'être entièrement compréhensible par nous puisqu'en français (sauf je l'avoue parfois lorsqu'il s'agit des chœurs), est un véritable chef d'oeuvre. Tandis que l'on a trop souvent tendance à représenter (en peinture ou au cinéma) la Passion du Christ comme un épisode de souffrances effrayantes, le compositeur montre ici par la musique toute la douceur et l'Amour qui peuvent rayonner et dominer même cette souffrance.

     

     

     

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    Bretagne2006_Plouha_vue-de-la-stele-vers-Minard.jpg

     


    À tout instant, quelqu'un meurt près de moi,
    Et c'est comme si c'était moi...
    À tout instant un enfant naît près de moi,
    Et c'est comme si c'était moi ...
     

    Mon cœur accompagne celui qui s'en va,
    Le suit dans le tunnel au bout duquel il espère trouver
    Sa vraie patrie  ;
    Mon cœur s'étonne avec le tout petit,
    Qui tel un naufragé
    Se demande où il est tombé.

    Parenthèse terrestre,
    Telle un panier dans lequel nous restons prisonniers,
    Pourquoi pataugeons-nous sans cesse
    Dans ton marécage ?


    Même Jésus,
    Au travers de qui nous voyons la Source,
    Ne put écarter de lui le calice de l'horreur :
    Ce grillage hérissé qu'il nous faut traverser
    Sans maudire...

    Sans maudire,
    Mais en remettant toujours
    Toujours la faute
    Sur le compte de l'erreur initiale :
    "Pas fait exprès"...
    Nous n'avons pas voulu,
    Personne n'a voulu 
    Cette chute dans ce cocon qui nous enferme
    Et nous broie ! 

    Et pourtant il serait si simple
    De naviguer, comme un bouchon sur l'eau
    Jusqu'à l'estuaire immensément ouvert
    Où la mer et le ciel mêlés
    Sont sourire et lumière
    ... 

     

     

    Olivier Messiaen, Éclairs sur l'Au-delà
    « Demeurer dans l'Amour ». 
     
     
     

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    Bois-du-Roi-24mars-001.JPG


         Une promenade au lieu dit "Le Bois du Roi", au nord-est d'Issoudun, m'a inspiré ce poème... Mais aussi toutes les photographies qui vont avec. Il n'y a que les chevreuils que j'aie manqués, ils sont partis trop vite et la photo n'a gardé que l'image de la prairie vers laquelle ils ont fui. 

    Bois-du-Roi-24mars-019.JPG"Le Bénitier" (c'est le nom du ruisseau)

     

     

    Le ruisseau coule

    Dans l’herbe jaune

    Le ruisseau rit

    Sous les broussailles

           

     

    La campagne pensive

    S’étire à l’infini

    Pâle et déserte

     

     

    Un long chemin humide

    File entre les brémailles

    Et les brindilles sèches

     

     

    Ici

    Un arbre mort
    Plus loin

    Une petite hutte

    Au toit de tôle

    Et là

    Une mangeoire pour les oiseaux

     

     

    Le ruisseau glisse

    Sous le sentier

    L’eau est si claire

    Sur les cailloux

    Que trois chevreuils

    Y sont entrés

     

           

    Dis-moi, lierre grimpant

    Et toi, bourgeon de hêtre,

    Quand finira l’hiver ?

     

     

     

     

    Bois-du-Roi 24mars 008

     

     

    Bois-du-Roi 24mars 010

     

     

    Bois-du-Roi 24mars 011

     

     

    Bois-du-Roi 24mars 016

     

    Bois-du-Roi 24mars 023

     

    Bois-du-Roi 24mars 012

     

    Bois-du-Roi 24mars 006

     

     

     

     

     

     

     

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       Si le changement de saison était prévu pour le 20 mars, il fallut un petit moment de réflexion à notre ami printemps avant de se montrer : en effet (et n'était-ce pas plutôt ce que l'on attendait ?) c'est hier, 21 mars, et aujourd'hui, 22 mars, qu'il a donné - du moins en centre France - les premiers signes de son arrivée. C'est-à-dire : une douceur dans l'air accompagnée de la chute du vent, et un éclaircissement du ciel, encore brumeux certes mais de manière infiniment plus sympathique et légère.

     

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           Notre ami rouge-gorge est venu nous rendre visite.

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            Il a inspecté le jardin dont je venais de tondre l'espace derrière la maison, ce qui tout de suite donne à la pelouse un aspect plus velouté et plus homogène.

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          Je l'adore ce petit bonhomme ; quand il se dresse comme ça sur ses pattes on dirait qu'il a les mains dans les poches. Et comme vous voyez, parfois le soleil filtrait à travers la brume.

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        Aujourd'hui j'ai repris pinson. La lumière n'est plus du tout la même que ces jours derniers, et j'en ai profité pour explorer les qualités de mon nouvel appareil photo : à commencer par son zoom beaucoup plus puissant.

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           Oh ! Il est vrai que nous ne sommes que le 22 mars, si bien qu'il ne faut pas être trop exigeant avec la floraison. Mais c'est l'époque où les violettes sont charmantes dans l'herbe.

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           Il y a même quelques myosotis.

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         Mais les primevères de toutes couleurs que j'avais plantées l'an passé n'ont pas repoussé ; alors que c'est ailleurs, à la mode sauvage, que j'en vois surgir ! Allez, je ne m'en plaindrai pas.

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       L'hortensia qui avait gelé l'an passé semble définitivement mort, ainsi que les bruyères qui l'accompagnaient et peut-être même le végélia encore jeune qui, comme ces autres plantes, était 
    exposé au nord et non abrité

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          J'attends pour replanter d'être sûre qu'il ne gèlera plus. Et pour remplacer un pied d'être certaine également qu'il ne repartira pas ! Heureusement les rosiers semblent plus robustes.

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          Les tulipes, magnifiques il y a deux ans et qui avaient gelé l'an passé, comme mes iris de Hollande, ne semblent pas non plus vouloir refleurir. C'est cela qui est terrible avec un jardin ! On fait des efforts qui paient une année, mais chaque année tout est à recommencer !

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          Alors laissons-nous réconforter avec les jolies surprises que nous offre la nature. Il faut dire qu'en matière de culture je ne suis guère experte et seulement de "bonne volonté".

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       Les jonquilles commencent timidement à ouvrir l’œil. 

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       Du moins l'une d'elles ... OUIII !! Il y en a une d'ouverte !

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       Un peu plus loin, un autre pied de primevère sauvage.

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       Et les jolies dentelles végétales qui pointent aux tiges des rosiers (ceux-là protégés des vents mauvais) font plaisir à voir. Mais ils ont des "griffes", mes rosiers, comme vous pouvez le constater, et ils m'arrive souvent de me faire bien saigner les mains en les soignant (j'ai des gants, oui, oui, j'ai des gants mais je ne les mets pas toujours)...

       Depuis le retour de la douceur les oiseaux se sont mis à chanter. J'espère bientôt pouvoir faire comme eux... 

     

     

     

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