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       Chers amis,

       J'ai passé mon après-midi à concevoir, et surtout à fabriquer un menu plus clair et synthétique pour ce blog, que la liste de catégories que vous voyez apparaître dans la colonne de gauche sous l'intitulé "thèmes de mes propos".

      Il est juste au-dessus des articles ; mais malgré tous mes efforts, s'il apparaît correctement à l'affichage par article, il est encombré d'annonces de mes articles sur la page d'accueil. Si vous savez pourquoi, et que faire pour supprimer ce désagrément, je vous prie de me le faire savoir !

       J'en ai profité pour faire du ménage et du tri dans les catégories existantes, ce qui m'a donné l'idée de republier cet article où je dirige la Marche Turque... J'espère qu'il vous amusera.

       À bientôt pour de nouveaux poèmes !

     

     

     

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      Après les deux articles de présentation (ici et ), il est temps aujourd'hui que je vous fasse découvrir ces textes qui nous ont fait 
    tant rêver, jeudi soir, dits par la bouche tantôt de l'un, tantôt de l'autre des lecteurs (se faisant écho ou se répondant) et même ensuite de Nicole.

     

    Nicole-Gdalia-03.JPG

     

        Ils les avaient tirés de cette superbe anthologie qu'est l'Alphabet de l'Éclat (présenté dans l'article précédent), en les groupant par thèmes sous 5 séquences successives. Ce sont des textes souvent courts et dont les vers sont également plutôt courts et, à de rares exceptions près, sans titres. Je vous en propose quelques-uns, et intercale pour rappeler l'atmosphère de la soirée des extraits d'une oeuvre de Robert Bichet : "Mes Saisons de Condé", plus exactement de la partie intitulée "L'automne", qui est justement très calme et offre les tams-tams avec le vibraphone que nous avions, avec en plus les Ondes Martenot de Francesca Paderni. 

     

     

    Lorsque convergent les dimensions

    j'aime
    j'aime tes yeux verbe
    je m'y enroule paresseusement
    j'aime
    j'aime tes mains chant
    au rythme de nos dires
    et le manège est là qui m'enivre 
    et m'oublie

    aux aspérités de la vie

     Extrait de Racines (1975)

      

    Entre l'écart du haut
    et l'écart du bas
    flamboie
    - le simple -

    dire le simple
    être le simple

    simple simplicité
    des choses naissantes
    dans la vêlure de l'aurore 
     

    Extrait de Les Chemins du Nom (1977)

     


    Simplifier le multiple
    jusqu'à l'un
    se rendre de la périphérie au centre 
    du variable à l'Invariable
    abandonner l'étain, le cuivre, le mercure
    pour la mystérieuse alchimie
    quitter l'imparfait vers le parfait
    s'avancer dans le soleil
    approcher le Grand Oeuvre...

    Lui et Elle
    se tenaient face à face
    dans un saint tremblement
     

    Extrait de Mi-dit (1987)

      

    Se saisir du langage
    vêtir ma voix 
    de l'espérance du mot 
    en extraire l'étincelle
    secrète combinaison
    de la lettre et du chiffre
    géométrie créatrice de
    l'alpha et l'omega
    la forme
    purifiée à l'extrême
    appréhende l'harmonique signature
    le ton est juste

    et le poète aura le timbre du
    prophète
     

    Extrait de Monodie (1997) 

     

     

     

    Par une sombre nuit
    Jacob vit en songe 
    une échelle
    se dresser
    au sol les pieds
    le sommet dans la nue
    des anges descendaient et montaient 
    messagers du Séparé
    ils l'éprouvèrent dans sa force
    assurément trembla-t-il 
    je suis dans la Maison de Lumière...
    plus tard il jouta avec un inconnu 
    Jacob en ressortit boiteux mais victorieux

    dans cette rencontre
    il avait reconnu le face à face de
    l'homme avec son propre éclat

     

    Extrait de La Courte Échelle - Harmoniques (1994) 

     

     

          Mais il y aurait tant de poèmes à citer, que j'ai créé une catégorie "Nicole Gdalia" et mis un (1) à cet article, afin de pouvoir en citer d'autres ultérieurement. Je vais m'arrêter là pour aujourd'hui, vous invitant à imaginer l'atmosphère recueillie de notre soirée, grâce aux quelques images et aux extraits musicaux ajoutés. Je précise d'ailleurs que Nicole Gdalia, qui parle souvent de la musique dans ces poèmes (vous le verrez plus tard !) avait demandé elle-même à ce qu'il y ait une théâtralisation de la soirée ainsi que des ponctuations musicales.

     

    Nicole-Gdalia-08.JPG
    Robert Bichet durant sa prestation : au fond, les tams-tams chinois, à droite, le ressort Baschet. 

     
     
     
     
     
     

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    Caracteres.jpg

     

       Poursuivant mon propos au sujet de la conférence de jeudi, je voudrais d'abord parler des éditions Caractères (ici sur wikipedia, leur site officiel, et ici sur facebook).

       Créées par Bruno Durocher en 1950 pour mettre en valeur la poésie contemporaine, elles s'ouvrirent aux poètes du monde entier, ce qui en fait un fabuleux réservoir d'écritures de toutes nationalités, en passant par l'arabe et le chinois pour englober le roumain et le mexicain. Il mettait toujours un point d'honneur à faire accompagner ces écrits d'illustrations de qualité, ce qui donne des livres étonnamment suggestifs pour l'oeil au  plan plastique ; point relayé et amplifié depuis son décès en 1996 par sa compagne Nicole Gdalia, qui ne l'oublions pas était aussi sculptrice.

     

    Couverture-Notre-langue-se-ressource-aux-sources.jpg

     

        Voici par exemple une parution récente, trouvée sur le site à la date du 30 novembre.

    Deux Prix Nobel chez "Caractères" !!

        C'est ainsi que nous eûmes la joie, jeudi, d'applaudir Nicole pour avoir à son catalogue un livre de Mo Yan, qui vient d'être couronné Prix Nobel de littérature 2012.

        Voici cet ouvrage :

     

    Explosion Mo Yan

     
       L'image puisée sur le site de la Fnac renvoie par lien à la page concernée. Un autre auteur de Caractères, Tomas Tranströmer, avait déjà été couronné de ce prix en 2011, mais il ne figurait que dans une anthologie (voir ici).  On peut donc juger de la qualité de ces éditions !

     

    Les livres de Nicole

         Mais revenons aux livres de Nicole elle-même.  Elle en avait apporté quelques-uns, que  nous eûmes la joie de feuilleter après sa conférence et qu'elle dédicaça à ceux qui en firent l'acquisition. Je ne puis résister au plaisir de vous montrer quelques exemples de pages et de couvertures de ceux que j'ai rapportés.

    Alphabet1.jpg

     
       Voici le plus beau d'entre eux, dont il ne restait d'ailleurs que très peu d'exemplaires, un énorme livre de 450 pages publié en 2005 et parsemé d'illustrations originales toutes plus étonnantes les unes que les autres, émanant d'auteurs variés (en noir et blanc, et de couverture mate). Ce livre réunit en fait plusieurs recueils ayant chacun leur "couverture" et leurs illustrations, et son épaisseur m'a rendu extrêmement difficile le fait d'en scanner l'intérieur, si bien que ce que vous en verrez est succinct et parfois indistinct.

    Alphabet5.jpg


    Voici la "couverture" de la première partie.

    Alphabet2.jpg


    En voici une autre !

    Alphabet3.jpg


    Puis une autre...

    Alphabet4.jpg

    Et encore une.

     

         Je cesse ici de feuilleter avec vous ce merveilleux alphabet, dont seront tirés nombre des poèmes lus par Béatrice et ses amis (voire par Nicole elle-même), et que je vous présenterai dans le prochain article.

        Et passons au second petit bijou que nous avons pu rencontrer : un livre publié par Nicole dans la collection "Arts en Résonance", qu'elle a créée en rencontrant Robert Bichet, ravie de son idée de faire se correspondre des œuvres musicales, picturales et poétiques de même titre.

        Après le recueil de Robert, "Là-bas sont tous les rêves", qui met en résonance Musique, Peinture et Poésie, elle fut vite en panne d'auteurs de la même veine, jusqu'à trouver pour elle-même une personne disposée à lui offrir une oeuvre picturale correspondant à son texte, puis un musicien prêt à lui composer une pièce de même titre, et enfin un poète russe décidé à traduire son oeuvre dans sa langue !!

    Respir1.jpg


        Cela donna ces "Treize battements du respir incertain " (voir ici au 24 janvier), dont voici un aperçu graphique encore une fois maladroit faute de vouloir écraser les pages en ouverture.

     

    Respir2.jpg

     

        Voici une page, dont pour une fois vous avez le texte, accompagnée d'une encre de Masha Schmidt (peintre d'origine russe établie en France) - encres qui accompagnent chacune des 13 pages de texte, plus la page de titre en français et la page de titre en russe. 

     

     Respir3.jpg

     

       Voici maintenant le début de l'oeuvre pour piano de Irakly Avaliani (pianiste Géorgien), publiée ici intégralement.

     

    Respir4.jpg

     

         ... Et enfin, le début de l'édition en russe, dans la traduction de Nicolas Bokov (écrivain russe exilé en Europe) !

     

          Pour terminer, j'ai essayé de photographier la tranche côté titres :

     

    Respir5.jpg 

         L'édition est bilingue : c'est écrit en Russe ET en français. 

       Dans le prochain article, j'aborde les textes...

     

    À suivre ici ! 

     

     

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       Une parenthèse poétique avant le prochain article consacré à Nicole Gdalia. C'est Mamadomi, avec son article sur le vent, qui m'a donné l'idée de publier ce poème, écrit il y a un certain temps dans un recueil que j'ai intitulé "Mystique" et qui n'est pas encore édité.

     

    Le-vent image fullLe vent : illustration d'Henri Galeron pour Gallimard jeunesse.

     

    O Maître enseigne-nous la Parole du Vent 
    Lorsqu’il passe sauvage au-dessus des montagnes
    Et que son sifflement retentit longuement
    Dans la plaine endormie

     

    O Maître enseigne-nous la Parole du Vent
    Lorsqu’il flotte au-dessus des villes infinies
    Et qu’il glisse le long des couloirs gris des rues
    Jusqu’au fond des jardins

     

    O Maître enseigne-nous ce que nous dit le Vent
    Lorsqu’il bruit doucement dans les cheveux des arbres
    Et qu’il fait frissonner les roseaux et les saules
    Penchés au bord de l’eau

     

    O Maître enseigne-nous ce qu’il nous dit vraiment
    Lorsque nous l’absorbons et qu’il nous envahit
    Lorsque nous l’inspirons et que nous l’expirons
    Et qu’il nous abandonne

     

    *

     

    O Maître Tu savais ce que m’a dit le Vent
    Lorsqu’il m’a pénétrée de son immensité
    Et que de sa richesse et de son clair espace
    J’ai été transformée

     

    O Maître bénis-moi et bénissons le Vent
    Qui fait vivre le monde et nous fait vivre en Lui
    Et qui porte la Vie au-delà des Tempêtes
    Jusqu’aux plaines du Ciel

     

     

    Martine Maillard

     

     

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    Centre-de-Congres-Issoudun.jpg
    Le Centre de Congrès d'Issoudun (photo ville d'Issoudun)


       Hier jeudi, nous avons eu l'insigne honneur de recevoir à Issoudun, au Centre de Congrès, une merveilleuse poète du nom de Nicole Gdalia (vous m'excuserez, je n'aime pas le féminin "poétesse").

                Bruno-Durocher.jpg            Nicole-Gdalia.JPG
             
    Bruno Durocher (photo J. Sicart)                      Nicole Gdalia


     
       Épouse de Bruno Durocher, un grand poète d'origine polonaise (entre autres Prix de l'Académie Française), qui après avoir fondé en 1949 une revue de poésie, la Revue "Caractères", a créé en 1950 une maison d'édition du même nom, elle reprend la tête de l'entreprise à la disparition de celui-ci en 1996.

         Venue déjà en 2005 présenter la poésie de son époux, elle revenait hier dans le même cadre, celui 
    des conférences de l'Université du Temps libre à Issoudun, pour présenter la sienne propre, et était pour cela accompagnée de trois lecteurs, qui avaient préparé des extraits de ses textes et en avaient fait un choix judicieusement organisé, ainsi que - sur sa demande - d'un musicien, Robert Bichet, ayant pour mission d'offrir des parenthèses musicales avec un vibraphone, un jeu de tams-tams chinois (grands gongs) et un ressort baschet.

     

    Nicole-Gdalia-01.JPG 

     
       
       Première d'une série de conférences à thèmes variés, celle-ci fut présentée par Elisabeth Brillet-Raphaël, artiste et universitaire momentanément issoldunoise, devant une assemblée attentive et vite subjuguée. Le silence était tel que je n'osai utiliser mon appareil photo de crainte qu'on entende le déclic des prises de vues ou le grincement de l'ouverture de l'objectif, et me gardai la plupart du temps de bouger ou d'utiliser le flash... 

     

    Nicole Gdalia 11


         Nicole Gdalia a d'abord évoqué le sens du mot poésie (du grec "poieïn", créer), et en a fait un historique remontant à Orphée et au Roi David, porteurs de lyre, pour la voir s'ouvrir aux formes (à la Renaissance), puis à la pensée (avec les premiers romantiques), aux hommes dans la fraternité (avec Hugo), et aboutir à des recherches plus épurées, dans lesquelles le mot cherche à refléter l'essence même des choses (par exemple avec le haïku)...

            Comme on peut le voir sur l'image ci-dessus, elle avait apporté des livres de sa composition et édités par sa propre maison, sur lesquels nous nous sommes jetés ensuite avec bonheur. En effet les lectures qui suivirent laissèrent s'installer une immense émotion, émotion d'autant plus intense qu'un silence méditatif envahissait peu à peu l'atmosphère, à peine ponctué par les accords mystérieux du vibraphone ou les subtiles résonances des tams tams chinois.

     

    Nicole-Gdalia-07.JPG

     

         Un moment fut consacré à l'échange avec le public, qui s'avéra très fructueux, car peu à peu chacun comprit que cette poésie était surtout "résonance intérieure", et l'on commença à évoquer une écoute "yeux fermés"... que Nicole, avec une chaleur très touchante, approuva en remerciant.

       Mais je vous livrerai dans un prochain article des extraits de ces textes, ainsi que des passages de la musique de Robert Bichet pouvant évoquer ce qu'il nous fit entendre ce soir-là.

       
    À suivre ici ...

     

     

     

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