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    Paul Dukas

     

        Paul Dukas est un musicien qui doutait de lui... Né à Paris en 1865 et mort en 1935, il est pourtant extrêmement connu pour son oeuvre "l'Apprenti Sorcier", qui fut  traduite à l'écran par Walt Disney dans Fantasia. Orchestrateur remarquable, il fut aussi le maître d'Olivier Messiaen au Conservatoire National Supérieur de Paris entre 1927 et 1930 en composition et orchestration.

        Trop exigeant avec lui-même, il fallut que ses amis l'empêchent, en 1911, de brûler son superbe ballet la Péri , comme il le fit pour beaucoup d'autres partitions aujourd'hui perdues.

         Considérée comme une de ses œuvres les plus achevées, c'est d'elle que je voudrais vous parler aujourd'hui.

        L'argument, issu de la mythologie perse, met en scène un homme, Iskender, à qui les mages ont prédit une fin prochaine ; mais, lui affirment-ils, celle-ci peut être écartée s'il parvient à se procurer la Fleur d'immortalité. Après avoir longuement cherché jusqu'aux confins de la terre, Iskender découvre enfin une Péri endormie qui détient cette fleur. Il s'agit d'une sorte de fée (on dit aussi "Pari") descendante des anges déchus et cherchant à rejoindre le paradis. Le héros lui subtilise la fleur, mais l'éveille malencontreusement ; alors, pour récupérer son bien sans lequel elle ne peut obtenir le salut, celle-ci l'ensorcelle dans un envoûtement endiablé jusqu'à se ressaisir de la Fleur, ce qui entraîne la mort d'Iskender.

     

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    Costume dessiné en 1911 par Léon Bakst pour Iskender

     

        La partition est précédée d'une célèbre "Fanfare" de cuivres, qui n'a rien à voir avec le ballet mais avait pour but d'obtenir le silence dans la salle, le début de la partition étant pianissimo.

        Je vous offre ici l'oeuvre sans cette fanfare, et malheureusement coupée en deux ; mais l'enregistrement trouvé sans coupure (dirigé par Roberto Benzi) ne me convenait pas du tout, trop lent et trop calme pour mon goût. Il ne faut pas oublier qu'il s'agit d'un envoûtement, et que la musique doit se faire de plus en plus affolante, de plus en plus obsédante ! Cependant l'internaute qui a posté l'enregistrement ci-dessous ne nous dit pas quels en sont les interprètes.

     

          Mes excuses, je suis obligée de rajouter du texte, sinon l'html me fait sauter à chaque fois la seconde partie (alors que cela s'enchaîne vraiment sans aucune pause !). J'espère que cette fois elle va rester...

     

     
     

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         Depuis quelque temps, je me suis intéressée à "Un Cours en miracles", qui est une nouvelle tentative, après celles des théosophes, d'associer le bouddhisme et le christianisme dans le but de trouver la voie la  plus sûre et la  plus rapide vers le salut. Tandis que le bouddhisme apporte l'idée que l'univers est illusion et que la vérité ne peut être trouvée qu'au-dedans de nous, le christianisme (ou plutôt le message de Jésus, que l'on tente ici de dépouiller de tous les ajouts ultérieurs), apporte les notions essentielles de prochain - c'est-à-dire que l'autre est un autre nous-même - et de pardon - qui permet d'effacer les  projections négatives dont nous sommes responsables à l'égard d'autrui.

        Cependant  le livre, assez épais, est en soi-même difficile à comprendre et à assimiler, aussi les commentaires de nombreux spécialistes sont-ils utiles, tels Gary Renard dont je vous ai déjà parlé (voir ici), et Kenneth Wapnick, dont je souhaite vous livrer ici l'extrait d'une conférence, que je trouve magnifique. Ce texte est tiré du livre intitulé "En finir avec notre résistance à l'amour", p. 14 à 18. 

    Kenneth Wapnick

     

        « À un certain point, dans l'état de parfaite Unité, dans notre Identité en tant que seul Fils de Dieu, émergea la pensée - que le Cours qualifie plus tard de "minuscule et folle idée" - [mais que moi je qualifierais simplement de "Pensée", au sens du Cogito cartésien dont part tout le processus d'individuation (note personnelle)]  - que nous pourrions être séparés de Dieu. Une fois cette pensée prise au sérieux et tenue pour réelle, nous avons commencé à nous considérer comme une entité séparée, une personnalité distincte capable de se connaître elle-même en relation avec Dieu. C'était le début du rêve de séparation, jusque là inouï. De fait il a toujours été inouï parce qu'elle ne s'est jamais vraiment produite - l'impossible ne pouvant tout simplement pas arriver.

        À l'intérieur de notre rêve, dont ce monde est l'ultime expression, il a semblé que l'impossible s'était réellement produit : nous avons embrassé l'idée que nous avions un soi individuel, particulier et unique. Ce fut le début du problème, et son défaire sera la fin. Tout ce qui se trouve entre les deux constitue nos expériences en ce monde.

        Ces expériences sont fondées sur notre convoitise d'une existence particulière et individuelle. Nous aimons avoir une personnalité. Même si pour la plupart nous n'avons pas toujours été heureux et faisons l'expérience de la douleur et de la souffrance - physiquement et psychologiquement - tout au long de notre vie, nous nous accrochons tout de même à ce soi parce que c'est tout ce que nous avons. L'autre Soi n'existe pas ici. Il n'a pas d'identitié séparée ni de personnalité. Il n'a rien. Il n'est qu'une partie de l'Entièreté et de l'Amour de Dieu.

        Alors que très peu d'entre nous - si tant est qu'il y en a - prennent jamais conscience de cette pensée originelle d'être séparé de Dieu, nous pouvons certes prendre conscience de la pensée d'un soi personnel. Si vous êtes honnête, vous reconnaîtrez qu'une partie de vous se complaît dans vos problèmes - les blessures du passé, les abus, la victimisation, l'abandon et la trahison. Aussi douloureuses soient-elles, ces expériences nous définissent et nous procurent une identité. Elles font de nous ce que nous sommes en tant qu'adultes. Nous avons survécu à la petite enfance, à l'enfance et en particulier à l'adolescence, en développant un soi qui a appris à s'adapter à un monde qui ne satisfait pas toujours nos besoins et ne nous donne pas toujours ce que nous voulons. Nous avons appris très jeunes à développer un soi particulier et une identité qui pourront faire face et survivre à cette impression de menace constante. C'est ce soi que maintenant nous chérissons et auquel nous tentons de nous cramponner, quel que soit le coût.

        Cet attachement au concept de soi est la prémisse implicite à cette section titrée "La peur de la rédemption", et c'est la raison pour laquelle nous avons tous tant de difficulté avec ce Cours, si nous le comprenons correctement. Quand les gens n'ont pas de difficulté avec le Cours, c'est très souvent parce qu'ils l'ont réécrit sans s'en rendre compte. Ils croient, par exemple, qu'Un Cours en Miracles ne veut pas dire littéralement que le monde est une illusion et que nous le quitterons un jour. Ils croient que seule notre douleur est illusoire, et que si nous pratiquons réellement le cours, Jésus nous aidera à vivre heureux dans ce monde. Voilà, après tout, ce que nous souhaitons secrètement. Nous voulons avoir le beurre de l'ego, l'argent du beurre et le goût du beurre par-dessus le marché ! Nous voulons être sauvés ; nous voulons connaître Jésus et l'amour du Ciel ; mais nous voulons que ce soit dans le contexte de nos rêves de séparation et de particularité. Nous ne nous rendons pas compte que suivre Un Cours en Miracles, c'est faire un pas hors du rêve vers Jésus, pour enfin nous réveiller entièrement du rêve.

     

    Qui-suis-je.jpgDessin réalisé après une méditation sur le thème : "Qui suis-je ?"

     

        Ce que le monde a fait de Jésus à travers les siècles et ce que nous essayons encore de faire par le biais de ce Cours, c'est de l'amener lui et son message à l'intérieur du rêve afin de nous montrer comment garder notre soi - mais un soi qui serait heureux, paisible et comblé. Quand nous comprenons enfin que Jésus nous enseigne que ce soi est aussi une illusion et que le but ultime de son enseignement est de nous amener à quitter le monde entièrement, alors la peur et l'anxiété commencent à augmenter. Voilà notre peur de la rédemption. Nous préférerions de beaucoup vivre avec un Dieu de crucifixion, exactement comme le christianisme l'a fait - que ce soit un Dieu théologique, une Dieu personnel ou un Dieu de souffrance - plutôt que d'en lâcher prise et d'être simplement avec le Dieu Qui nous rédime véritablement par Sa Voix nous rappelant que rien n'est arrivé. Voilà la peur, et voilà où s'est logée notre résistance - le dernier voile du manque de pardon, pour utiliser l'image de la sublime section finale des Obstacles à la paix. Quand nous passons à travers ce voile, notre soi disparaît, comme Jésus le décrit joyeusement :

     « Ensemble nous disparaîtrons dans la Présence au-delà du voile, non pour nous perdre mais nous trouver ; non pour être vus mais connus. »

        Être connu, ce qui dans Un Cours en Miracles est le Ciel, signifie qu'il n'y a pas de soi. Ainsi quand nous traversons le dernier voile avec Jésus, nous disparaissons dans la Présence de Dieu et dans la Présence du Christ, notre véritable Soi. Nous ne sommes plus vus en tant que soi individuels, car voir, ou percevoir, fait partie du monde illusoire dans lequel vit ce soi individuel, séparé et particulier. La perspective de disparaître nous glace de terreur. »

     

        Un peu plus et je vous assénais toute la causerie du monsieur. Mais je la trouve tellement fantastique ! C'est tellement fort, de réussir à nous montrer les mécanismes de l'ego et comment il nous conduit à préférer souffrir plutôt que de lâcher prise ! Tout le développement de Kenneth Wapnick dans cette conférence est basé sur le concept freudien de "résistance" ; et finalement, vive Papa Freud et les découvertes réalisées autour de l'inconscient, car c'est à partir des méthodes psychanalytiques qu'apparaît le moyen de dépasser la résistance de l'ego : en en prenant conscience et en en restant le simple observateur... L'observation de l'illusion conduit peu à peu à sa dissolution. Ce qui est un long, très long travail ! Mais n'est-ce pas après tout le but de toutes les voies monastiques ? Quand on "entre dans les ordres", on accepte de perdre son ego et d'avoir pour seul but ultime l'amour de Dieu. Il n'y a sans doute pas d'autre voie...

      Retour-Source-Mmaillard-copie-1.jpgDessin réalisé après méditation sur le thème "Rentrer chez soi"

     

     

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  •    Voici un dessin que j'ai réalisé en 1992 pour montrer que l'Âme nous pousse toujours vers de nouveaux rivages, telle une "Étoile de la Mer" (= en latin Stella maris)... Son titre ( l'Âme est riche) est bien sûr un jeu de mots avec l'équipée d'une certain Christophe (en grec Christophoros, porteur de Christ) Colomb (Colombe)...

     

    L-Ame-est-riche-signe-corrige.jpg

     

         Évidemment à l'époque j'étais bien loin de me douter que je rencontrerais un jour un éditeur charmant portant précisément le même nom...

     

     

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  •    Poème déjà publié en 2006 accompagnant une musique que j'ai composée  : Aspiration, pour violoncelle et piano, jouée ici en privé et de façon totalement improvisée... C'est une première lecture, donc avec des erreurs, mais l'enregistrement en est bien meilleur que celui du soir du concert.

    Sandrine Moreau est au violoncelle et moi-même au piano (tous droits réservés).

     

     

     

       

    Pleurs des roses
    Des plumes envolées
    Des pétales séchés
    Pépiements déchirants des oiseaux du couchant

    Nuit d’encre puits sans fond
    Racines agrippées à la terre calleuse
    O vie absente à soi-même
    Épuisée par la traite implacable

    Entends ce doux murmure
    Il est ma voix profonde
    Un détour un adieu un lumineux abîme
    Un lieu de solitude un infime
    Soupir

    Mon cœur a perdu ses couleurs
    Il ne sait plus qu’entendre
    Et dessiner sa vie

     

     

     

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