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    Photo Nouvelle République

     

        Nourrir ces petits goulus n'est pas évident, car il existe une quarantaine de sortes de bambous différents, et on ne sait pas encore vraiment lesquels ils vont préférer... C'est pourquoi M. Rête, un retraité d'origine bretonne installé à Fontguenand, non loin de Beauval (voir la carte en lien ; sur cette carte j'ai souligné les villes principales et indiqué par des flèches les autoroutes et les limites de départements), fait tout son possible pour développer la variété dans sa bambouseraie, où les agents du Zooparc viennent s'approvisionner. Ils ont également un fournisseur dans le Lot-et-Garonne, mais Fontguenand n'est qu'à 20 kms de Beauval (paraît-il, mais à voir la carte j'aurais parié pour 10) !

     

         Huan Huan et Yuang Zi mangent entre 30 et 50 kg de bambous par jour... Cependant, sur dix variétés différentes stockées à Beauval en chambre froide, ils auraient pour le moment jeté leur dévolu sur deux seulement, que M. Rête s'applique à développer davantage.

     

        Pour répondre à une remarque de Tilk sur mon précédent article concernant ces animaux, il n'y a pas de souci quant aux dépenses engagées à leur intention : elles sont entièrement prises en charge par le zoo (voir cet article, et aussi celui-ci ) ; qui d'ailleurs doit certainement dépenser pas mal aussi lorsqu'il fait venir un rhinocéros indien ou des boeufs Watussi ! Mais c'est l'abondante clientèle du parc qui finance tout cela, et qui plus est, elle le fait avec plaisir sans partage...

         Cependant la famille Delord, fondatrice et propriétaire du parc, n'hésite pas à faire appel à des parrainages pour être sûre de la bonne prise en charge de ses protégés : à cette page1 vous avez encore le détail de leur arrivée, vue cette fois depuis les organisateurs, et à cette page1 le détail de la formule des parrainages, qui ne s'appliquent pas qu'aux pandas, mais à toutes les espèces existant dans le parc.

    1 Le contenu des pages a changé... 

    Yuan-Zi_Chengdu_cZooParc-de-Beauval.jpg Yuang Zi Chengdu - photo Zooparc de Beauval
    (sur le site la photo peut être agrandie ; revivez également leur arrivée dans une excellente vidéo à la même page)
        

        Souhaitons-leur une belle année du Dragon, pleine de prospérité !!

     

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  •    Comme je vous l'annonçais par cet article puis celui-ci, un week-end a été consacré
    à Toulouse il  y a deux semaines à cet instrument méconnu, qui y fit sa réappararition  grâce notamment à Jean-Christophe Maillard.

       Ce dernier nous en offre un aperçu grâce à la  mise en ligne sur youtube d'un extrait de son concert, donné à l'auditorium de Saint-Pierre des Cuisines le samedi 14 janvier dernier à 18h.

        Il s'agit de la sonate op.72 n°4 de Joseph Bodin de Boismortier pour musette baroque et basse continue, qu'il interprète avec le concours de Juliette Vittu, violoncelle, et Tania Dovgal, clavecin.

       

     
        Qui dira que la musette "n'est jamais qu'une sorte de cornemuse" ?? (Réflexion d'un présentateur de France Musique que je ne nommerai pas...) Écoutez ce chromatisme, ces modulations, cette étendue en tessiture... sans parler de la qualité du son ! Non, la  musette telle qu'elle était utilisée au XVIIIe siècle est un instrument à part entière, d'une complexité et d'une finition analogues à celles de la flûte ou du hautbois.1
     

       Pour apprécier pleinement les détails, affichez la vidéo en grand écran, et observez bien l'instrument quand le vidéaste zoome : vous verrez à côté du chalumeau d'ivoire principal (dit "Grand chalumeau") un plus petit qui permet le chromatisme (voir ici) ; il est important à cette occasion de préciser que comme la flûte, le hautbois ou la clarinette, la musette de cour est pourvue de clefs métalliques permettant d'affiner les possibilités mélodiques. Ajoutons enfin qu'étant en réalité une simple descendante du hautbois (comme le rappelle le célèbre chant de Noël "Jouez hautbois, résonnez musettes"), chacun de ses chalumeaux et bourdons est muni d'une anche double identique à celle des hautbois. 

         En cliquant sur l'image ci-dessous, vous accédez à un site anglais riche en photographies commentées, et qui permet notamment de voir comment l'interprète se ceint d'une lanière de cuir lui permettant d'actionner du coude droit un soufflet qui fait pénétrer l'air dans la poche de l'instrument qu'il tient sur sa gauche...

     

    musette-de-cour.jpg

     

    1 Note : à cette occasion j'ai plaisir à vous citer la remarque de Jean-Christophe Maillard lui-même, qui exprime parfaitement ma propre pensée, quant à l'évolution de TOUS les instruments.

       « Le speaker a bien raison quand il dit que la musette est une sorte de cornemuse, d'autres l'ont dit avant lui en s'imaginant que c'était une insulte ! Dans le même ordre d'idée, on peut dire : "la flûte n'est rien d'autre qu'une sorte de pipeau", ou si on veut être plus précis avec la traversière "c'est une sorte de fifre" (il y en avait de différentes tailles à la Renaissance) ; ou bien : "le hautbois c'est une sorte de chalumeau", ou encore "l'orgue n'est qu'une série de sifflets et de klaxons", ce qui est strictement exact ! Voire : "l'orgue ce n'est qu'une sorte de cornemuse" puisqu'il fonctionne avec plusieurs tuyaux et une réserve d'air !!

       Donc, ce qui est bizarre c'est la restriction "jamais qu'une sorte de..." qui semble péjorative. Dans un livre très sérieux sur le hautbois baroque on écrit qu'elle n'est après tout "rien d'autre qu'une cornemuse améliorée..." citation que j'ai mise au pinacle de mon bêtisier, pièce d'anthologie de la suffisance et de l'ethnocentrisme (ici, ethnocentrisme "de classe" diraient les socio-anthropologues). 

       On va mettre à ces esprits forts une "vulgaire" cornemuse entre les mains et on va s'amuser ! ...

       Heureusement, David Christophel était là pour répondre à ce "candide"... qui peut-être faisait exprès "l'imbécile"... ? »

      Il suffirait donc qu'un compositeur hardi, comme certains ont déjà tenté de le faire avec le saxophone (si je ne me trompe Bizet, Milhaud, et Villa-Lobos), ou d'autres avec le vibraphone (Messiaen), voire l'accordéon, l'harmonica, la guitare (des concertos existent pour tous ces instruments) mette la musette à l'honneur dans l'orchestre en l'insérant dans une oeuvre classique actuelle ! On changerait alors d'idée à son sujet et l'intégrerait peu à peu au cursus des Conservatoires...

     

     

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    H.Villa-Lobos.jpg

      
       Villa-Lobos ! Je n'en ferai pas le tour, c'est certain, tant est immense son oeuvre, et protéiforme, et luxuriante...

         Visitant les sites (le plus souvent en anglais ou en portugais) et quelques pauvres écrits (finalement je ne le trouve à la médiathèque locale que dans les encyclopédies, ce qui me laisse sur ma faim !), j'apprends qu'il est considéré comme "inégal", mais que pourtant il faut compter parmi ses chefs d'oeuvre tous les chôros, toutes les bachianas brasileiras, et les quatuors, et des œuvres spécifiques comme Momo Precoce (dont je vous parlerais bien aussi ! Le petit carnaval des enfants...), Rudepoema (dédié à son interprète enthousiaste et grand ami le pianiste Arthur Rubinstein), et..., et...., et... (j'ai oublié tout ce que j'ai trouvé dans l'Universalis et le dictionnaire Larousse encyclopédique), tant et si bien que finalement que reste-t-il de "moins bon"... ?

          Posé comme un phare sur la musique brésilienne, précurseur en même temps que génie absolu, Villa-Lobos était un amoureux de la vie et des gens, et sa première préoccupation, après avoir été au fond de la jungle (en 1912) pour découvrir la musique indienne et tenter de faire découvrir la nôtre aux indiens (qui paraît-il ont détruit sauvagement l'appareil tant cette musique les agaçait !), et après avoir vécu longuement à Paris (de 1923 à 1930) où il a côtoyé les plus grands noms de la musique d'alors, fut d'écrire pour le peuple afin de l'amener progressivement à la musique ; puis de créer des conservatoires, des orchestres, des écoles ; et d'enseigner, et de diriger... Devenu pour le Brésil un formidable représentant, un formidable pédagogue, il écrivit à tour de bras, sans se lasser, et pour des formations de plus en plus complexes, des orchestres gigantesques associés à des chœurs délirants (voyez le chôros 10... ainsi que le formidable catalogue de ses "œuvres majeures" à cette page). Une véritable fontaine de musique !! Alors forcément, comment voulez-vous qu'il n'y ait pas des œuvres perdues (c'est le cas de la 5e symphonie, "la Paix", composée en 1920), ou des qualités diverses dans sa production ?

     

         Depuis une bonne semaine, après Uirapuru, le Chôros 10 puis quelques bachianas brasileiras (que je n'ai pas encore toutes découvertes) je me suis laissée envoûter par le Chôros 11, dont j'aimerais ici vous parler.

     

        Composé en 1928, c'est une gigantesque Fantaisie pour piano et orchestre : doté de trois mouvements annoncés, mais enchaînés, et constitué en fait de toute une succession d'ambiances et de thèmes abondamment développés, il dure plus de 60 minutes !

         Je dis "fantaisie", parce que je pense à la Fantaisie pour piano et orchestre (1889) de Claude Debussy, et que ce n'est pas un concerto. Mais nous trouvons aussi le piano concertant dans la Symphonie sur un Chant Montagnard Français (dite "Cévenole", 1886) de Vincent d'Indy, ainsi que dans Nuits dans les Jardins d'Espagne (1915) de Manuel de Falla, et dans la Symphonie de Psaumes (avec aussi des chœurs, 1930) d'Igor Stravinsky. En fait le XXe siècle considère le piano comme un instrument faisant partie intégrante de l'orchestre, un peu dans la lignée des percussions (vibraphone, xylophone, célesta) ou de la harpe. Il apporte sa couleur, ce qui ne l'empêche pas de répondre brillamment à l'orchestre, créant ce que Tarasti (le principal commentateur de Villa-Lobos) appelle "une sorte de concerto grosso". Cet auteur ajoute d'ailleurs qu'il est amusant de constater que les œuvres les plus importantes pour piano et orchestre écrites par Villa-Lobos (selon lui le Chôros 11 et la Bachianas Brasileiras 3, que je n'ai pas encore l'heur de connaître ; mais j'y ajouterais bien "Momo Precoce" !) ne figurent pas au nombre de ses concertos pour piano.

      Rudepoema-partition

    Villa-Lobos - Rudepoema pour piano (début)
    A suivre et écouter ici.

         Écoutons Villa-Lobos décrire lui-même ce qu'il appelle un "Chôros " :

        C'est une « nouvelle forme de composition musicale dans laquelle sont synthétisées les différentes modalités de la musique brésilienne, indienne et populaire qui apparaît de temps à autre accidentellement, toujours transformée selon la personnalité de l'auteur. Les procédés harmoniques sont, eux aussi, presque une stylisation complète de l'original. Le mot "Sérénade " peut donner une idée approximative de la signification de Chôros. »

     

       Ajoutons à cette occasion que Villa-Lobos parlait couramment le français comme bien d'autres langues, et jouait aussi de quantité d'instruments, tout comme il dirigeait magistralement... Un véritable phénomène ! Si cela vous intéresse, vous pouvez ici l'entendre parler directement de sa musique, enregistré à Paris en mai 1958 (cet enregistrement est reproduit sur un disque intitulé "Villa-Lobos par lui-même"). Vous l'entendrez dans toute sa truculence, sa générosité dans l'improvisation, son amour de la liberté dans la forme, son humour aussi.

         ... Ah ! oui ! En réécoutant cet enregistrement d'une conférence, je trouve à sa suite une oeuvre célèbre que vous pouvez écouter avec plaisir : "O Trenzinho do Caipira " ("le Petit Train du Paysan ", ici à partir de 9'35 pour une écoute illustrée, ou dans la colonne de droite de ce blog dans un enregistrement ancien dirigé par Villa-Lobos lui-même) qui me rappelle, en plus "brésilien" et en plus chanté le fameux "Pacific 231 " d'Arthur Honegger que je vous ai souvent vanté ( et notamment).

     

         ... Mais revenons à notre propos, le Chôros 11 : je l'ai trouvé sur Youtube (comme beaucoup des œuvres principales de Villa-Lobos) et vous en propose l'interprétation la plus récente, une autre existant sur le même site en mono sous la baguette du compositeur lui-même. Elle est due à l'orchestre symphonique finnois sous la direction de Sakari Oramo, avec Ralf Gothoni au piano (voir ici).

     

        Vous pourrez y apprécier la richesse de l'orchestration : on en trouve à cette page le détail, ce qui permet de déceler la présence d'un saxophone alto et d'un saxophone soprano (qui apportent par moments leur tonalité émue et troublée, en coordination notamment avec le violon alto), mais aussi d'une quantité incroyable de percussions (xylophone, célesta, cloches...) notamment populaires (tambourins, maracas...) et d'instruments rares comme la clarinette basse et le contrebasson. Messiaen, qui par la suite a aimé aussi le gigantisme orchestral et la profusion des sonorités, avec souvent le piano inclus dans l'orchestre, a salué en lui "l'orchestrateur le  plus génial de notre siècle".

     

      

      

        Si vous avez le courage de tout écouter, vous remarquerez qu'il s'agit d'une succession de mouvements rythmiques et de mouvements plus doux et nostalgiques dont certains sont absolument superbes : le premier à 2'30, qui après une accélération débouche sur un second, vers 4'20, qui m'intrigue bien car très chromatique il évoque le nom de "BACH" (B - A - C - H sont pour les allemands et les anglais nos notes si bémol, la, do, et si bécarre) - mais un ton au-dessus : une allusion ?? (Villa-Lobos admirait Bach par-dessus tout !).

        Un nouvel élargissement conduit vers 6'40 à un passage encore plus beau, tout frémissant comme des ailes d'oiseau au couchant... Et après une  nouvelle transition, c'est à 9'30 le passage le plus bouleversant, avec le saxophone alto si troublant, sur un thème qui pique à la fin dans un glissando descendant.

       Nous voici alors  plongés dans l'âme brésilienne, et à cet attendrissement succède une joyeuse petite musique richement orchestrée et rythmée. On ne peut que s'extasier de la richesse créative de Villa-Lobos, qui hors des formes classiques réussit à nous tenir ainsi en haleine, sans défaillir, sans faire de remplissage ni de vains développements thématiques !  Vers 14'58, un solo de contrebasson... Original ! C'est un peu l'ambiance du "jazz" que nous retrouvons là (Villa-Lobos avait beaucoup pratiqué l'improvisation de rue, comme on le fait au jazz) : un instrument inhabituel se fait entendre seul, puis l'ensemble de l'orchestre semble l'applaudir et fait "chorus"...

        Ce premier mouvement haut en couleurs s'achève en atmosphères successives plus brillantes et vives, afin de préparer le second, en principe plus "contemplatif". L'arrivée en est préparée à la 20e minute, avec un arrêt sur un accord aussi énigmatique que coloré.


     
     

          Ce second mouvement est rempli de poésie et de charme, et j'espère que la plupart d'entre vous pourront l'apprécier pleinement !

         Après un développement tranquille puis plus passionné du thème initial, apparaît vers la 2e minute un thème plus joyeux, suivi d'un épisode rêveur qui ramène le thème premier. Ces deux thèmes s'entrelacent jusqu'à une amplification somptueuse du principal, qui clôt ce premier volet.

         Suit alors la reprise du thème au saxophone... moment d'émotion intense ! Ensuite c'est le piano qui apparaît, chantant avec des accents syncopés comme dans les plus tendres des mélodies brésiliennes. À chaque fois, des guirlandes, des amplifications, permettent de faire les transitions, mais d'un bout à l'autre de ce mouvement, ce ne sont en fait que des variations sur le même thème. Enfin une magnifique péroraison du piano, qui rappelle un peu la "cadence" des concertos classiques, aboutit, sur des harmonies superbes, à un merveilleux solo de violoncelle (on ne peut s'empêcher de penser au second concerto pour piano de Brahms...!), et c'est la flûte un peu "jazzy" qui clôt ce mouvement dans une douceur délicieuse.
     


     

         Après ce moment d'intense méditation, le troisième mouvement s'ouvre sur des quintes rappelant un peu l'orchestre qui s'accorde puis, les instruments se succédant dans une sorte de contrepoint pour animer peu à peu l'atmosphère, il débouche sur une célébration pleine de joie de vivre et d'optimisme.

       Quand le piano apparaît, c'est pour frapper avec gaieté un thème formidablement dansant... suivi bientôt par le thème en quintes et octaves du début.

       Cependant, ce mouvement, le plus long des trois, évolue lui aussi progressivement comme une sorte de longue improvisation, et à la 8e minute apparaît un autre thème sur un rythme de habanera, avec des petites percussions locales. A partir de 9'30 un nouveau thème, plus ample et d'aspect un peu dramatique commence à se développer, menant à un vaste déploiement orchestral, sur les notes de cet accord que l'on appelle un triton et qui apporte dans son instante répétition un sentiment de suffocation, car il exige sa résolution, intensément attendue ... ! 

       Celle-ci finit par venir, et vers 14'10 on retrouve une danse pleine d'insouciance ; mais il reviendra, épisodiquement, coupé par des épisodes plus ou moins figuratifs, qui rappellent un peu le ballet Uirapuru que nous avions découvert ici.

        C'est un thème encore différent qui achève ce chôros dans une profusion d'harmonies et de sonorités toutes plus superbes les unes que les autres.

     

         On en sort abasourdi, heureux, régénéré, et avec de la musique plein la tête tellement qu'on ne rêve plus que de réécouter cette oeuvre ! C'est du moins mon cas... On pense un peu au Carnaval de Rio tel qu'il est évoqué dans le film Orfeo Negro : avec de la musique plein les rues, et des airs qui changent sans cesse, se succèdent et se superposent.

        À force d'écouter Villa-Lobos, je dois dire maintenant que, malgré les bémols apportés par certains sur sa production prétendue "inégale", je lui trouve une sacrée personnalité ! Je ne jurerais pas que je le reconnaîtrais à l'aveuglette, mais je sens chez lui une originalité très forte, que je ne saurais comparer à aucun autre compositeur de sa génération... sinon partiellement 1.

     

       Et vous ? Qu'en pensez-vous ?

    livre-2.gif

     

     

      1 A la fin du premier mouvement, on pense à Petrouchka de Stravinsky ; et au début du 3e mouvement, on pense au démarrage du 3e mouvement du concerto en sol de Ravel, qui faisait suite lui aussi à un merveilleux solo de cor anglais.  Mais comme je le disais, les comparaisons sont fragmentaires ! Ensuite, cela change !

     


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       Il paraît que l'hiver est trop doux... Peut-être avons-nous manqué de gelées avant Noël, mais depuis la vague de froid de janvier l'hiver me paraît tout à fait conforme aux habitudes locales du centre France : maintenant nous avons un temps sombre et humide qui n'encourage pas à se découvrir ni à s'amuser dehors !

       Et pourtant... Selon mon voisin, une tortue serait sortie de son hibernation ! Est-ce un signe de fin d'hiver ? Je n'en mettrais pas ma main au feu. Les animaux aussi peuvent être surpris ! En tous cas les fleurs, bien évidement, se laissent séduire par l'absence de gelées et voici ce que j'ai trouvé ce matin devant ma maison :

    Perce-neige-23janv.JPG


         Un perce-neige !

         Qui n'avait pas fleuri l'an dernier, et que je n'espérais plus car j'en avais planté à l'origine une certaine quantité. Mais il semble avoir deux petits frères à sa gauche... et peut-être même un troisième qui pointe sur la droite ?

        Contre le muret en face il y avait ceci :

    Iris-23janv.JPG


         Ces iris précoces, qui en principe fleurissent en février. Ben oui, c'est un peu tôt.

        ... Et pour couronner le tout, figurez-vous que les oiseaux, qui ont aussi leur vie politique, tenaient meeting dans la haie du voisin (parti hier pour le sud) ! Ils étaient si animés que j'ai voulu les enregistrer, et je vous assure que la réunion a duré un bon moment...!

     

     

    Gazouillis.JPG
        Et pourtant on ne voyait rien du tout... Ils s'étaient mis bien à l'abri.

     
     

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    Il n'y a pas de culpabilité, la Chute fut un accident !

     

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    "Les Béatitudes" - Toile de Philippe de Champaigne (1602-1674)


          L’Évangile est une "Bonne nouvelle" : c'est du moins le sens du mot en grec.

         Or à lire les évangiles qui nous sont proposés et à entendre les chrétiens traditionnels, la nouvelle n'est pas toujours si joyeuse qu'on le voudrait, et nous sommes plutôt confinés dans la culpabilité de voir notre Messie, Jésus-Christ, souffrir pour nous et à cause de nous. Qui plus est, on le déclare immaculé - exempt de tout péché - ainsi que sa mère, alors que le "péché" est "originel" ce qui impose déjà bien des ajustements propres à en faire douter plus d'un ; et voici que nous l'immolons, comme un "agneau sans tache" ! Ce qui finalement rappelle tant d'anciennes pratiques religieuses, que toutes cultures comparées nous finissons par douter de l'aspect "nouveau" de cette prétendue "Bonne nouvelle" !

         C'est là que d'autres sagesses nous viennent en aide... Et si la "Chute" n'était pas ce que l'on croit ? Si elle était juste un accident - chute par surprise d'esprits purs dans la matière - et non pas une dégradation, voire une punition comme on a voulu le croire - et donc une source de dépression et de culpabilité ?

         Si en purs enfants de Dieu jouant dans son Amour nous nous étions soudain laissés piéger par une sorte de "cristallisation" de l'énergie, qui se serait refermée sur nous sous forme de matière, et que terrifiés nous nous étions soudain imaginé avoir fait une "grosse" bêtise et avoir perdu Dieu à jamais ? Comme Caïn enfermé sous terre qui pense que Dieu ne le retrouvera jamais dans sa cachette ! Et qui s'il L'aperçoit par hasard sous forme d'un rayon de Soleil par un interstice, s'imagine que c'est pour le châtier que celui-ci le regarde ! Alors qu'il n'en est rien !

     

    Adam-Eve-chasses.gifAdam et Ève chassés du Paradis Terrestre selon un recueil janséniste

     

        Alors il nous faudrait déboutonner notre col, respirer un grand coup, et laisser venir à nous la Lumière - comme le voyageur de La Fontaine dans "Phébus et Borée" (Le Soleil et le Vent).

     

        Il y a tant de choses qui nous rappellent que notre vraie patrie est le Beau, le Vrai, le Grand... ! Un superbe paysage ensoleillé, une musique sublime, en particulier, dessinent une sorte de pont de lumière entre le fond de notre cœur, là où réside la Vérité de notre Etre, et cette Source inimaginable d'Amour que j'appelle volontiers "Dieu" mais qui n'a rien du Père Noël et que vous pouvez appeler comme vous voulez... Un beau tableau, une rencontre exceptionnelle, un beau texte éveillent en nous le sentiment d'être unis les uns aux autres, établissant entre nos Êtres profonds nichés au fond de nos cœurs des liens si extraordinaires de lumière, qu'ils abolissent presque nos différences et les frontières de nos corps.

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         La Lumière circule verticalement entre nous et la Source, et horizontalement entre TOUS les êtres vivants : non seulement à travers les humains, mais aussi à travers les animaux, et elle enveloppe aussi les végétaux qui n'ont pas de conscience mais participent à la Vie. Si nous nous identifions à Elle nous oublions nos corps, et en cela les animaux sont nos maîtres : parce qu'eux, le corps, ils s'en moquent ; ils ne pensent ni au lendemain, ni à la mort... Par le regard nous échangeons avec tous ceux qui nous entourent la Lumière qui nous anime. Si l'autre n'était pas là, nous ne saurions même pas que nous existons : l'autre est là pour nous l'apprendre, et donc il nous donne la vie par son regard et nous la lui rendons par notre regard... et alors où est la différence entre nous tous ?

     

     

        L'autre jour j'étais en voiture et écoutais une musique superbe sur une chaîne de radio. Le paysage qui m'enveloppait m'exaltait car le ciel était immense et lumineux. Soudain, pénétrant avec mon véhicule dans un passage plus encaissé, j'ai perdu le son de ma musique et mon autoradio s'est mis à cracher. Quel déchirement !... C'est alors que m'est venue à l'esprit cette comparaison : enfermés dans nos corps comme je l'étais dans ma voiture, nous recevons les messages d'Amour de notre Source comme on reçoit une musique dans un appareil spécialisé, c'est-à-dire de façon fragmentaire et en fonction de notre état physique, psychique et mental ; et il suffit de la moindre petite perturbation pour que nous n'entendions plus cette voix qui est pourtant pour nous la Voix même du Bonheur.

        Alors tout nous semble noir, difficile, désespérant ; il nous semble en avoir des preuves. Mais tout n'est en fait que le fruit des Ténèbres ; or les Ténèbres N'EXISTENT PAS !! Elle ne sont que la résultante de l'ABSENCE de Lumière ! Seule existe LA LUMIÈRE !!

     

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    Tableau d'Alfred Soord pour "La brebis égarée"


          Il faut donc reprendre confiance. Comme la Brebis égarée nous sommes peut-être tombés dans un ravin, mais de même que le berger n'abandonne pas sa bête, de même que la musique continue toujours d'être émise lorsque je ne la perçois plus, de même ce Père infiniment bon que nous pensons avoir perdu continue inlassablement de venir nous rechercher, et seule notre angoisse nous empêche de le percevoir.

     

        C'est du moins le message véritable de Jésus, au-delà des dogmes que l'on a développés autour de lui. Et en tous temps, à toutes les époques il y a eu des personnes pour l'enseigner... Le Bouddha ; Platon ; le philosophe Pascal... de vrais mystiques qui n'érigent pas de dogmes religieux mais tentent d'expliquer leur ressenti. Dire qu'aujourd'hui nous sommes "plus avancés" qu'autrefois est une bêtise : au-delà des apparences l'être humain est toujours le même, et si l'on considère que le temps et l'espace sont les deux dimensions de la cage dans laquelle nous sommes piégés, il est facile de voir que si on enlève le temps, à quoi peut-il bien servir de parler "d'évolution" ?!

     

        D'où la conclusion du livre de Gary Renard : "Et l'univers disparaîtra", malheureusement déjà épuisé, mais relayé par celui qui lui fait suite pour le compléter et le préciser, "Notre réalité immortelle". Si on nous enlevait brusquement l'univers, c'est-à-dire ce voile qui brouille nos yeux et qui nous enveloppe complètement, nous serions perdus et tremblants comme des enfants qu'on a sortis brusquement de l'eau. C'est pourquoi cela se fait tout doucement, sans brusquerie, par des appels de plus en plus pressants...

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    Égypte - Le Mont Sinaï   

       

     

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