•     Lorsqu'au sortir de l'adolescence je parvins à Paris pour y faire mes études, il n'y avait pas encore d'Opéra Bastille - il n'en était même pas question ! Le seul opéra, que je découvris avec ravissement, était le Palais Garnier.

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    Vue aérienne de l'Opéra de Paris, au début du 20e siècle


        Posé comme un joyau dans son écrin de façades, il m'éblouit par son architecture aussi savante qu'équilibrée et par le mystère impérieux qui entourait ses coulisses. De toutes façons, tout m'y était mystérieux, puisque je n'imaginais pas une seconde y venir en spectatrice, persuadée que j'étais de sa destination à une élite aussi élégante que fortunée...

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    Carte postale représentant le Palais Garnier avant sa restauration, dans les années 70


         J'en collectionnais les vues sur cartes postales, et j'aimais particulièrement celle-ci qui évoque les grands soirs où la musique en faisait vibrer les voûtes... Mais je ne m'imaginais pas, moi petite provinciale sans éducation, mêlée au grand monde circulant à l'intérieur ; surtout que dans mon rêve d'adolescente, ce n'était pas par le devant que je devais y pénétrer, mais par l'arrière, par l'entrée des artistes !

         Je chantais beaucoup à l'époque, mais sans avoir eu accès au Conservatoire, si bien qu'aucune expérience ne pouvait me retenir de basculer dans un imaginaire permanent.

        Furieusement tentée par une visite "intime" des lieux, je me mis à guetter l'arrière du bâtiment pour voir comment l'on pouvait s'y faufiler, et repérai vite le passage que je cherchais.

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    Vue arrière du Palais Garnier, avant sa restauration


          Sur cette vue de la façade dos du Palais Garnier, j'ai ajouté une flèche rouge pour pointer la porte que je découvris comme étant celle de la conciergerie... Ayant vu entrer et sortir par là des personnes, mais ayant aussi remarqué qu'elles saluaient au passage un gardien, je me ruai un beau matin à l'intérieur, en courant à toutes jambes pour que l'on ne puisse pas m'arrêter, enfonçant un couloir puis montant le premier escalier venu...

        J'étais arrivée dans les coulisses ! Toute cette partie arrière du bâtiment était consacrée aux salles de répétition. J'ignorais si des visites guidées du monument étaient alors en place, et d'ailleurs je me promenai dedans tout à fait ingénument, sans guide, et sans indication précise sur ce que je voyais.

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    Le Grand Foyer

     
       Mais ce fut un plaisir sans égal que de découvrir, derrière une porte, de luxueux promenoirs plongés dans le sommeil, ou sous le grand escalier, une fontaine... 

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    La salle de l'Opéra Garnier avec son somptueux rideau


        ... Et enfin, la salle ! Plongée dans l'obscurité comme il se doit, mais avec juste l'éclairage nécessaire venu des larges vitres du couloir que je quittais ou de quelques veilleuses.

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    Sur ce cliché emprunté à Wikipédia, la scène a été avancée  par dessus la fosse d'orchestre, puisqu'il s'agit vraisemblablement d'un concert et que les musiciens sont dessus

     
        Puis, lorsque j'osai transgresser l'interdiction qui me menaçait à chaque étage (à chaque étage au même endroit : une porte grise avec un gros sens interdit, assorti d'une inscription effrayante du type "entrée formellement interdite"), je me trouvai enfin sur la scène. Sombre elle aussi et surtout enchevêtrée de décors immenses, mais éclairée par le haut, juste ce qu'il fallait pour que je ne m'y perde pas tout à fait...

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    Maquette de l'Opéra Garnier en coupe longitudinale, visible au Musée d'Orsay

     
       Ce ne fut que de longues années plus tard, qu'à l'occasion de la rencontre avec un représentant d'une encyclopédie, je reçus de celui-ci en cadeau un poster sur lequel je pus découvrir cette coupe de l'édifice, me permettant de mieux comprendre mon périple et mes errances.

    Opera-garnier_Coupe1.jpgLa même coupe trouvée commentée sur le net, avec quelques ajouts de ma main (note : je ne sais pas ce qu'est le "Zodiaque", et je n'y ai pas eu accès)


         J'étais là comme Alice au Pays des Merveilles... D'autant plus éblouie que tout m'apparaissait vierge de toute indication d'ordre culturel ou explicatif. Simple et superbe comme une femme qui se déshabille.

        Et c'est pourquoi peu après, plongée dans la psychanalyse, je m'avisai du fait que l'Opéra de Paris pouvait ressembler à un Sphinx.

    Opera-Garnier_annees2000.jpgVue actuelle du Palais Garnier (cliché Wikipédia)

     

       La merveilleuse coupole qui surplombe la salle peut faire penser au crâne de l'animal (traditionnellement couché), tandis que les frontons latéraux de la façade évoquent ses pattes avant, et les petits pavillons des côtés, les pattes arrière, le toit de la scène représentant son dos. De son visage on ne perçoit pas la gueule, mais une quantité d'yeux qui vous regardent, comme toutes ces fenêtres ; par contre, lorsque vous vous trouvez dans la salle, ronde et rouge, c'est comme si vous y étiez, dans sa gueule !

       Et de même que Jean Cocteau, dans la Machine Infernale, prête au Sphinx-femme la faculté de se transformer en labyrinthe, de même ce "Palais des Mirages" devenait pour moi le support de tous les fantasmes...

     

        « ... Bouclé comme la mer, la colonne, la rose, musclé comme la pieuvre, machiné comme les décors du rêve, invisible surtout, invisible et majestueux comme la circulation du sang des statues, un fil qui te ligote avec la volubilité des arabesques folles du miel qui tombe sur du miel. »

    (Cocteau, la tirade du Sphinx, voir texte complet ici)

     

       J'ai donc écrit ce poème, intitulé SPHINX, pour illustrer cette idée, en ajoutant à la fin le souvenir d'une grande interprète retrouvée un soir de représentation seule sous un porche à attendre son taxi, loin derrière l'entrée des artistes (il s'agissait de Gwyneth Jones en 1970, alors Sieglinde au Festspielhaus de Bayreuth).

     

    Tu es le théâtre ô mon Sphinx endormi

    Sous tes voiles veillent mille dragons cachés
    Dans les labyrinthes de ton corps accroupi
    Sous tes paupières obstinément baissées
    Tu me dérobes ton regard de feu
    Et je te cherche sans jamais te trouver

    Par les voies sans issue les portes closes
    Les entrées interdites les escaliers de coulisses
    Dans les logettes réservées
    Les vestiaires d'artistes
    Sur les passerelles qui surplombent la scène
    Les tours de lumière
    Je te cherche en vain

    Et je te trouve enfin toute de blanc vêtue
    Seule sous la porte cochère
    Qui regardes pleuvoir la nuit
    Douce et abandonnée

    Tu as fui ce soir-là tu t'es fondue dans l'air
    Et depuis tu n'es plus qu'un fantôme irréel
    Aux apparitions insaisissables

    Et dont la voix me déchire


     


      Tu che le vanita, Air d'Elisabeth tiré de l'Acte V
    de Don Carlo de Verdi, gravé sur un disque.


           Il faut dire que la voix humaine a un grand pouvoir émotionnel, ce qui explique le culte que l'on a pu rendre aux "divas". Je parlais hier des vibrations transmises par une salle, mais une voix féminine puissante émet elle-même de telles vibrations que l'on ne peut qu'en être profondément bouleversé.

          Pour terminer cet hommage rendu à notre bel Opéra, je vous invite à visiter la page que lui consacre Wikipédia, très bien documentée ; ainsi que ce site spécifique, intéressant pour ses visites virtuelles.

     

     

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        Peut-être, comme moi, avez-vous été intéressés par le gala de réouverture du Bolchoï diffusé sur Arte hier soir ?

        Cependant, je le confesse, je n'ai pas allumé mon poste tout de suite, si bien qu'au moment où j'ai commencé à suivre cette transmission, il s'était déjà écoulé 40 minutes depuis son commencement. Cela eut pour effet de me faire "tomber" pile sur l'épisode tiré du Spartacus de Katchaturian, ce qui évidemment m'enthousiasma et me décida à ne plus abandonner l'écoute.

        Il s'agissait d'un "final" très mouvementé mettant largement en valeur le corps de ballet masculin, mais je vous propose d'en apprécier d'abord le célèbre Adagio, dans cette interprétation antérieure du Bolchoï.

     

     

        Évidemment je me disais que j'avais peut-être beaucoup manqué en ne regardant pas le début, aussi fus-je très intéressée par l'annonce de retrouver la vidéo intégrale sur internet, grâce au site d'Arte. 

       J'ai alors beaucoup erré, la présentatrice ayant évoqué "Arte live" alors que la diffusion ne s'y trouvait pas, mais était sur "Arte+7" ; de plus, lorsqu'enfin je découvris l'émission, je fus victime d'un dysfonctionnement : j'avais le son, mais l'image resta bloquée, immobilisée sur le cliché initial. Si bien que, pour contrôler l'état du site, je me décidai à afficher une autre vidéo : le documentaire intitulé "Bolchoï, une renaissance" (voir ici) ... 

        C'est d'un épisode de ce documentaire que j'ai l'intention de vous parler ici, et plus précisément  de la question de l'acoustique, confiée à des ingénieurs allemands.

        Je savais que les lois de l'acoustique avaient été comprises par les grecs dès l'antiquité pour leurs théâtres, et qu'elles correspondaient à des principes physiques de résonance et d'écho. Cependant je ne savais pas, comme je l'appris à cet instant, qu'un sol de pierre n'était pas indiqué pour recevoir cette multitude de sons, et que l'on était allé jusqu'à supprimer la dalle de béton destinée à soutenir l'édifice, afin de restaurer un support de bois capable de "vibrer" (voir la vidéo citée de 25'50 à 27 et un peu au-delà).

     

    Bolchoi-01.jpg
       En voici des captures d'écran.

    Bolchoi-02.jpg

     
      L'ingénieur frappe avec sa main pour indiquer la résonance et la réceptivité du bois, afin de comparer la grande salle du Bolchoï savez-vous à quoi ?

    Bolchoi-03.jpg

      
          ... À un violon ! La salle entière serait plongée comme dans la caisse de résonance d'un violon, vous vous rendez compte ?

           Comme cela permet de mieux comprendre l'immense différence qui existe entre le fait d'assister à un concert en live, et le fait d'écouter un disque, avec la meilleure sono du monde ! Dans la salle on est intégré à la vibration, on est plongé dans un cocon musical, et même, affirme notre interlocuteur, on ressent ces vibrations dans notre corps... C'est bien sûr ce qu'avait cherché Richard Wagner lorsqu'il fit construire spécialement son "Festspielhaus" à Bayreuth ; et c'est sans doute pourquoi dès que j'eus entendu un opéra dans ce fabuleux théâtre, je voulus les y entendre tous... J'étais subjuguée.

         Si l'on pouvait dessiner les vibrations qui se diffusent alors dans cette immense caisse de résonance, on aurait sans nul doute un tissu très dense et soyeux, celui que j'évoque à la fin de ce poème, écrit dans ma jeunesse après une représentation de Parsifal à Bayreuth.

        Adolescente, je fus fascinée par les théâtres, et particulièrement par le Palais Garnier à Paris, dont je vous reparlerai demain.

     

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       Je me fais ce soir l'écho de personnes qui cherchent à sauver des chats... Disons que je relaie leur appel, que voici :

     

    Appel désespéré de dons pour petite asso en charge

    d'un très gros sauvetage dans le Calvados


    Bonjour
     

    Ma petite asso a pour vocation de recueillir des chats vieux ou malades, abandonnés ou après décès de leurs maîtres.

    Ces adoptions étant définitives chez moi, je reste avec toutes les charges de ces chats sur les bras.

    Néanmoins, je vous fais profiter de mon expérience en vous aidant à soigner vos animaux grâce à mon blog "les chats font la loi"

    et je prends le temps de répondre à tous.

    Aujourd'hui, en plus de cette lourde charge, me tombe sur les bras un très gros sauvetage d'une cinquantaine de chats avec tout ce que cela implique : stérilisations, soins, déplacements, alimentation.

    Sans votre aide, je vais déclarer forfait, et ces pauvres chats, au demeurant particulièrement gentils et attachants, abandonnés à leur sort. 

     Vous pouvez m'aider à les sauver en m'adressant des dons via le site de mon association "les compagnons de Freya". je délivre bien entendu les reçus fiscaux sur demande.

    Merci du fond du cœur pour eux.

    Tiphaine

     

      Vous pouvez trouver des détails sur cet appel lancé sur des forums ici.

     

       Consultez aussi le site de Tiphaine en cliquant sur l'image ci-dessous :

    Chat-blanc.jpg

     

         Merci pour eux !! 


     

     

     

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  •      J'aurais peut-être dû être météorologue... Mais comment choisir entre les nuages et les étoiles ? Toutes ces merveilleuses forteresses volantes qui passent sur nos têtes peuvent être, de jour, les nuages, et de nuit, les constellations. En tous cas la vision du ciel me fascine toujours lorsque je me trouve dans un endroit dégagé, particulièrement si la plaine s'étend à perte de vue, donnant l'impression que l'on est debout sur un disque plat, avec sur la tête un immense globe.

        Quelle extraordinaire position que celle d'un individu humain, qui par ses yeux perçoit un univers circulaire, et plat sous lui parce qu'il est obligé de se tenir posé sur quelque chose ! Et encore n'ai-je pas expérimenté la position d'un homme volant, qui sous lui aussi percevrait l'univers comme rond... ! Mais la terre forcément arrête le regard avant qu'il atteigne sa limite, sauf si l'on est dans une station spatiale et regarde au-delà d'elle...

         En voyage ce dernier mercredi je me suis arrêtée sans cesse pour photographier le ciel, passant d'une stupéfaction à une autre, et parvenant à cette conclusion qu'à aucun moment sur cette terre un instant ne ressemble à un autre instant, et que même le temps de prononcer le mot "instant" celui-ci est déjà passé ! Pourtant je ne parlais pas que des nuages dont les formations étaient particulièrement spectaculaires, vous allez le voir ; je comparais aussi l'aspect du paysage car à force de parcourir régulièrement les mêmes chemins on découvre que JAMAIS un paysage ne peut être identique d'un jour à l'autre, d'une saison à l'autre, d'une année à l'autre. Et cela, c'est le désir d'immortaliser un moment par une photo qui permet de le constater : si l'on n'a pas pu photographier une image, jamais la même image ne se représentera... Il y aura toujours une différence.

        Et moi qui étais là à fulminer de ne pouvoir poser mon véhicule à temps pour saisir la photo entraperçue, j'ai pu me comparer à Faust criant à l'instant : "Arrête-toi ! Tu es trop beau !"... et comprendre enfin pourquoi il sonnait là son arrêt de mort. Si tu arrêtes le flux des choses, tu arrêtes la vie ! Et mes photos sont des images mortes ! La vie est perpétuel mouvement, la vie est perpétuelle mouvance, et comme le disait Héraclite : "On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve"...

     

        Le titre même de mon blog : "L'espace d'un instant" n'a pas de sens car un instant n'a pas d'épaisseur - pas d'espace. Et si je cours après les instants, je perds mon temps car j'aurai toujours un instant de retard !

         Mouvance, mouvance bénie des choses qui nous berces comme une mère berce son enfant, sans toi nous serions perdus car l'immobilité nous terrifie. Même en méditation nous recherchons une mouvance de la pensée... Ma méditation est semblable à ces nuages qui explosent dans le ciel et font rêver la lumière ; une lumière que, moi si petite, je ne sais appréhender que par son reflet dans le ciel...

        Tiens ! Il y a une photo que j'ai oublié de prendre : c'est celle de la Vierge qui veille sur cette route, à la sortie de Brion vers Levroux. A chaque fois je la salue, et comme la route se poursuit ensuite vers Pellevoisin (où elle est apparue à de jeunes enfants) je la sais très présente, toujours présente, comme un sourire posé sur les nuages qui nous portent. Mais là encore je ne suis pas près de vous la montrer, car personne ne l'a photographiée : on ne la trouve pas sur le net...  Sauf que...

           Miracle !! Sur Google Earth, on la voit ! Et c'est mon petit-fils (celui qui est la mascotte de ce blog, précisément) qui vient de me faire découvrir qu'en s'approchant du sol dans Google Earth, on pouvait carrément ATTERRIR. Eh bien ... ! J'en suis encore stupéfaite.

     

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        Regardez-la de plus près ; dans son petit bosquet, à gauche de la route lorsque l'on vient de Brion et que celle-ci s'infléchit vers la droite, on ne peut la manquer et elle est vraiment délicieuse...

     

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        Bon, eh bien maintenant je vais vous montrer tous ces merveilleux nuages que j'ai rencontrés sur cette route...

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       En quittant Issoudun, un regard en arrière vers ces étranges pylônes qui appartiennent à une station de Radio-Télévision.

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       Du même point vers la droite (mais je me suis retournée) de superbes nuages qui ressemblent à de la mousse - mais avec tant de reliefs, d'effets de couleurs !

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       Un peu plus vers devant, on voit qu'il tombe de l'eau là-bas... Le nuage se déverse sur la terre.

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        Là, je regarde à gauche : encore des mousses fantastiques, des rondeurs, des formes, des couleurs... !

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      Un peu plus loin : oui, on va vers un nuage de pluie... Les vapeurs se délitent, de grands espaces de flou apparaissent.

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        Au loin devant, la pluie !  Mais je suis fascinée par ces abîmes où des nuages prennent forme, ou par ces espaces luminescents. Je pense alors à tous ces peintres des XVIIe et XVIIIe siècles que les nuages ont fascinés également et qui les ont si merveilleusement peints. Et je m'aperçois que jamais aucune de mes photos ne pourra rendre compte de la splendeur de ce qui m'apparaît.

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       Ça se gâte ! Et justement, le château d'eau que vous voyez là-bas est celui de Brion, il surplombe l'autoroute A20 que nous allons traverser par le dessus.
        Ce que je trouve extraordinaire, c'est cette ligne qui limite le nuage par-dessous, et dont pourtant s'échappent les traînées de pluie, ou que transgressent de petits nuages posés on ne sait comment.

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      La voici bien visible, cette ligne ; elle est traversée non seulement par des bandes de pluie, mais aussi par des rayons du soleil ! (Cette fois je suis arrêtée après Brion, non loin de la statue de la Vierge que vous avez vue grâce à Google Earth).

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       Même chose un peu plus à gauche. Le nuage se déchire ; mais d'où vient ce bleu alors que dessous tout est or ??

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       Eh oui, plus on va vers l'arrière et plus c'est bleu ; il est 17 heures 30 et le soleil qui descend crée des reliefs dans le ciel... Mais si devant il y a des traînées noires, au fond les vapeurs sont blanches.

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        Après une bonne douche, vient la fin de la tourmente.

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       Les nuées se déchirent et le soleil tente de s'y frayer un passage... Mais ce sont ces trouées qui sont belles, et c'est lorsqu'il est caché que le spectacle est le plus saisissant.

       ... De même nous, de notre terre, ne sommes capables de percevoir la splendeur du divin qu'à travers des revers, des difficultés, des efforts, des émotions ; qu'à travers le prisme du temps et de l'espace, du mouvement et de la beauté.

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       Oh ! Quel étrange édifice !
       Franchement, avec la science-fiction on peut imaginer toutes les planètes extraterrestres possibles, j'ai l'intime conviction que l'on ne pourra jamais imaginer quoi que ce soit qui n'existe ou n'ait existé ou n'ait été une fois visible sur la terre.

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        Je poursuis ma route vers Ecueillé et rencontre encore de belles perturbations.

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       En fait je fais route vers l'ouest mais la saison veut que le soleil descende vers ma gauche - vers le sud...

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        Et voilà, je suis arrivée ; sourire de la vie un beau soir sur la terre.

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       Et voici les constructions humaines !

     


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  •      En hommage à Russalka et à Sabine, merveilleuses conteuses, je reprends ici un poème écrit il y a quelque temps - car on ne peut être toujours inspiré ! Il faut parfois reprendre des œuvres anciennes dans les tiroirs...

       A l'époque j'avais accompagné une classe d'élèves de sixième jusqu'à la médiathèque de la ville, afin d'entendre notre bibliothécaire jeunesse qui avait suivi la formation de conteuse offerte par le CLIO (Conservatoire Contemporain de Littérature Orale, installé en Loir-et-Cher).

    Bruno-deLaSalle.jpgBruno de la Salle, fondateur du CLIO

     
       Elle était devenue spécialiste du genre et avait même aménagé une petite salle à cet effet : entièrement moquettée cette pièce présentait un carré en creux dans le sol, de telle sorte que tout le monde s'asseyait sur la petite marche, avec elle. En l'occurrence nous étions bien trop nombreux (deux classes et quatre accompagnatrices) si bien que les enfants avaient été invités à s'asseoir à même le sol, au centre du cercle.

        Elle m'avait bluffée, par la technique passionnante qu'elle avait acquise : en effet, dans sa manière de faire, un conte ne se résume pas à un "récit", c'est surtout une prestation orale qui s'apparente au théâtre et presque à la musique - sans le chant, mais avec le rythme.

        "Conter", c'est d'abord se camper en tant que personnage ; elle démarrait à la première personne et affirmait rapporter ce qu'elle avait ouï dire - sur le ton bien sûr de la confidence, en se penchant et en parlant bas : "Oui, moi qui... je peux vous dire que..." etc. Et elle terminait surtout ainsi, sur de grands sous-entendus ramenant à la réalité présente : "... et il court toujours !"

         Ensuite, conter, c'est introduire une dimension féérique au moyen de sortes de refrains, d'onomatopées, de petits mots magiques qui reviennent régulièrement, souvent dénués de sens précis mais accompagnés d'un rythme spécifique très rapide ("Et tap, et tap, et tap", ou "et j'me dépêche , et j'me dépêche"...) dans un langage simple mais toujours joli et évocateur, qui petit à petit entraîne l'auditeur dans une bulle de rêve.

         Enfin, dernière technique très sensible, associer l'auditoire au récit : "... et alors, que pensez-vous qu'elle fit ... ?" La voix reste en suspens, le regard interroge les assistants bouche-bée ; et la conteuse ne reprend qu'après avoir recueilli la supposition hésitante d'un gamin. Sauf que dans le conte apparaissent des répétitions : la même situation se reproduit plusieurs fois... si bien que la question : "... et alors ? " devient si évidente que cette fois c'est la salle en choeur qui répond ce que fit la jeune héroïne. Hélas ! Au moment même où tout le monde est sûr de la réponse, c'est là que : "Ben non...", fait la conteuse sur un ton désolé ; c'est là que ça se passe autrement...

        C'est en revenant de cette belle prestation que j'ai écrit ce poème en septembre 2006.

     

    conteuse.jpg

    Image empruntée au site de la Communauté de communes de Podensac

     

    Quand le conte raconte... 

     

    Le rêve du poète
    Ce sont ces feuilles mortes,
    Et toutes ces étoiles,
    Tous ces nuages
    En couleurs dans sa tête
    Un peu comme un appel
    Du ciel taché d'ouate,
    Un peu comme une écharpe
    Qui vole au vent
    Un peu comme la chanson
    Du matelot qui part
    En traversant les houles,
    Sur l’écume des flots.

     

    Le rêve du conteur
    C’est un pays tout blanc
    Un pays de chimère
    Aux araignées gourmandes,
    Aux sorcières déchues,
    Où vient le bon Génie
    Jouer du tambourin
    Sur l’arrière-train des singes
    Envolés dans les arbres ;
    Ce sont des enfants-rois
    Qui écoutent ravis
    L’histoire d’une servante
    Plus forte qu’une armée !

     

    Quand le conte raconte
    Le poète s’endort :
    Tout devient plus aisé
    Dans un nid de papier.
    Tu souris au pommier
    Que tes pas ont trouvé,
    Et dans le vieux chaudron
    T’attend le Fils du Roi !
    Raconte-m’en toujours,
    Je ne veux plus grandir…

     

     

        Arbre-fruitier.gif            sorciere.gif

     

     

     

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