•     Je suis décidément séduite par les poèmes de Maurice Carême mis en musique par Francis Poulenc sous le titre de "La Courte-Paille"... Ceux ou celles d'entre vous qui auront peiné à endormir un bébé - sous son ciel-de-lit étoilé ! - seront émus comme je l'ai été par la magnifique interprétation que fait le compositeur de ce délicieux poème.

       Mais Poulenc (dont je vous invite vivement à visiter le site personnel mis en lien ci-dessus) avait lui-même une âme d'enfant, marquée d'une grande tendresse et d'une grande innocence, comme le soulignent son petit nez à la retroussette (la remarque est de moi) et son intérêt pour l'Histoire de Babar, de Jean de Brunhoff.

     

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       Voici le texte de ce premier des sept poèmes composant le recueil :

     

    LE SOMMEIL

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    Le sommeil est en voyage ;
    Mon Dieu, où est-il parti ?
    J’ai beau bercer mon petit,
    Il pleure dans son lit-cage,
    Il pleure depuis midi !

     

    Où le sommeil a-t-il mis
    Son sable et ses rêves sages ?
    J’ai beau bercer mon petit,
    Il se tourne tout en nage,
    Il sanglote dans son lit !

     

    Ah ! Reviens, reviens, sommeil,
    Sur ton beau cheval de course !
    Dans le ciel noir, la Grande Ourse
    A enterré le soleil
    Et rallumé ses abeilles.

     

    Si l’enfant ne dort pas bien
    Il ne dira pas bonjour ;
    Il ne dira rien demain
    À ses doigts, au lait, au pain
    Qui l’accueillent dans le jour !

    Maurice Carême

     


       Le Sommeil, mélodie extraite du recueil "La Courte-Paille" de Francis Poulenc, dans l'interprétation de David Lefort (ténor) et Philippe Guilhon-Herbert (piano) - CD Saphir Productions.

     

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        Si ce cycle de mélodies vous séduit vous aussi, ainsi que la personnalité du compositeur, vous pouvez prolonger votre découverte à cette page, grâce à une vidéo au cours de laquelle Poulenc explique pourquoi il les a composées, et où il en interprète deux autres au piano avec sa soprano de prédilection Denise Duval. Cependant la prise de son ancienne ne permet pas de percevoir le texte aussi clairement qu'on le souhaiterait, aussi pouvez-vous également le suivre à cette page...

     

     

     

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  • Début de la visite ici.


         Beauval est peut-être un parc immense ; mais il contient tant d'espèces, que finalement beaucoup se trouvent dans des espaces étroits ; et même s'il leur est donné suffisamment pour s'épanouir, l’œil du visiteur ne peut faire abstraction des cages, et même des baies vitrées astucieusement ajustées pour permettre la vision subaquatique.

         De plus, le jour de mon passage il circulait une foule énorme !

         Mais peu importe au manchot de Humboldt, qui comme bien d'autres n'en avait cure, étant fort habitué à ce trafic perpétuel.


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       L'image est plaisante mais lorsque l'on approche, c'est plutôt ceci que l'on découvre :

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         Notez qu'on leur a greffé quelques petits "palmiers", acclimatés je ne sais comment, et qui surprennent les profanes que nous sommes, persuadés qu'il s'agit d'animaux habitués aux grands froids... Ne nichent-ils pas en effet en abondance dans les régions équatoriales ?

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        Élevons-nous d'un étage pour les voir dans l'autre sens !

       Et maintenant, pour saisir leur jacassement perpétuel, leurs cris rauques et leurs allées-venues incessantes, j'ai pris une petite vidéo... qui n'a pu éviter l'enregistrement des voix humaines présentes aux alentours.


     
     
      Voici le poème qu'ils m'inspirent (à l'inverse de l'Albatros de Baudelaire) :


    Petit oiseau nageur,
    Tes ailes sont si courtes que tu peux marcher,
    Gambader comme un clown...

    Si tu es un poète,
    Tu n'es pas empêtré dans les flots romantiques,
    Tu cries à pleine voix !

     

     

     

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         La belle saison revient, avec la fraîcheur et le raccourcissement des jours.

         Décidément cette année, le soleil nous aura souri en "périphérie", autour d'un large été maussade.

          Une randonnée est organisée en forêt de Primelles, dans le Cher.   

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         La carte ci-dessus (que vous pouvez agrandir), vous situe l'endroit, à la limite ouest du département du Cher dans sa partie plutôt basse (au sud de Bourges), c'est-à-dire en plein centre de la France. Un site très bien documenté, signé "Sant Johan" présente ici l'historique de ce village du Berry qui offre la particularité d'une Croix dédiée à Saint Firmin. En effet celui-ci, venu dans le Berry autour de 287, y aurait laissé une impression profonde, faisant même surgir une source à Bourges, et aurait fondé un ermitage dans la forêt de Primelles, aujourd'hui disparu mais remplacé par cette croix.

    Primelles-Croix_Saint-Firmin01.jpg

     
        Le sous-bois est magnifique et je regrette de n'avoir sur moi que le téléphone portable, dont les photos ne sont pas excellentes.

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       Mais c'est mieux que rien !

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         Des branches jonchent le sol ; manifestement les forestiers ne réussissent pas à venir à bout de tout le travail demandé... Celle-ci, dressée comme un serpent à la gueule ouverte, est assez particulière et menaçante !

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        Il y a même des monceaux de souches. Mais malgré mon attention, le téléphone saisit mal les images sous l'ombre des feuillages et me floute le sol... Dommage car la lumière est ravissante à travers ces branchages légers. Et si l'automne annonce aujourd'hui son arrivée, rien ne le laisse deviner en forêt ! Pas même un champignon d'ailleurs, car il n'a pas plu depuis un moment.

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        Encore un arbre en travers, et bien en équilibre cette fois. Aussi sommes-nous très surpris, en arrivant à la route plus loin, d'y trouver un écriteau avertissant : "Le ramassage de bois mort est interdit" ... Pourtant il n'y a que cela partout !

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        Au retour sur Primelles, cette charmante demeure me tend les bras... Déclinant les propositions goguenardes de mes camarades qui me demandent si je veux l'acquérir, je regrette de n'avoir pas le talent de certains (de certaines même dirais-je !) pour la "croquer" au fusain ou à l'aquarelle. Il y a une beauté dans ces vieilles maisons qui tient aux matériaux, aux couleurs, aux proportions... et qui fait vraiment rêver.

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       Mais la dernière image que nous garderons de Primelles sera une image d'automne : ce magnifique marronnier, lui, en est déjà largement touché (comme d'ailleurs les peupliers sur la droite, dont les feuilles semblent bien tombées).

     

     

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    Girafes.jpg

     

        Ces girafes, rencontrées au zoo-parc de Beauval, n'ont pas de petits...

       Et pourtant, je ne résiste pas au plaisir de vous faire entendre le délicieux poème de Maurice Carême mis en musique par Francis Poulenc.

     

    LE CARAFON

     

    Pourquoi, se plaignait la carafe,
    N’aurais-je pas un carafon ?
    Au zoo madame la girafe
    N’a-t-elle pas un girafon ?
    Un sorcier qui passait par là
    À cheval sur un phonographe
    Enregistra la belle voix
    De soprano de la carafe
    Et la fit entendre à Merlin ;
    Fort bien ! dit celui-ci, fort bien !
    Il frappa trois fois dans les mains ;
    Et la dame de la maison
    Se demande encore pourquoi
    Elle trouva ce matin-là
    Un joli petit carafon
    Blotti tout contre la carafe,
    Ainsi qu’au zoo le girafon
    Pose son cou fragile et long
    Sur le flanc clair de la girafe...

     

       Écoutons cette mélodie extraite du recueil "La Courte-Paille", dans l'interprétation de David Lefort (ténor) et de Philippe Guilhon-Herbert (piano)

     
     
     
     

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    Cecile-Fontainebleau2007.jpgAutomne en forêt de Fontainebleau

     

     

    Peu à peu
    l'automne s'étire
    apporte sa fraîcheur à nos nuits
    et sa douceur à nos jours

     
    Peu à peu
    le bois s'engrange
    et les roses lancent leur dernier appel
    au soleil

     
    Marie immaculée
    sourit de son nuage
    laissant couler de ses deux mains ouvertes
    une lumière d'or
     

    Glissons à pas feutrés
    vers le déclin des jours
    Rêvons les yeux fermés
    d'un univers meilleur 

     

         Écoutons le 1er mouvement de la sonate pour clarinette et piano de Camille Saint-Saëns, interprété par Maurice Gabaï (clarinette) et Annie d'Arco (piano).

      

    (Ensemble déjà publié le 19 sept. 2007)

     

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