•      Pour tous les mystères du monde il y a l'explication du Scientifique et l'explication du Poète.
          C'est déjà ce que disaient les Marchombres dans le roman de Pierre Bottero. Mais je partage parfaitement cette pensée et pour moi aucune interprétation ne prime, car ce que l'on ressent dans son cœur contient parfois de grandes vérités.


          C'est ainsi qu'il faut aborder le livre consacré par Pierre Lassalle(1) aux "Mystères de la Dame à la Licorne"(2).
         Cette série de tapisseries très connues et actuellement visibles au Musée de Cluny à Paris, était autrefois la propriété du château de Boussac en Creuse, où les découvrit George Sand. A cette époque (1847) elles étaient au nombre de huit alors qu'il n'en reste que six aujourd'hui, et la description qu'en donne George Sand ainsi que les commentaires qu'elle en fait, en en rapportant la conception à un prince ottoman, ont inspiré à Pierre Lassalle l'idée de restaurer les toiles disparues en partant du principe que l'ensemble évoque un cheminement spirituel lié à l'amour courtois.

    La Dame à la Licorne : le goût
    (image tirée du site de J. Lorette mentionné ci-dessous)



         Ce chercheur spirituel fécond et très attachant peut sembler rêver un peu, si l'on en croit l'étude exhaustive et passionnante que fait de cette série de tableaux Jacky Lorette, ou si l'on se réfère plus simplement à la page consacrée par Wikipédia aux tapisseries.

        Cependant, pourquoi ces tapisseries ont-elles suscité tant d'intérêt et de commentaires ? La seule dénomination de "Dame à la Licorne" est porteuse d'un symbolisme qui transporte. La succession sibylline des gestes de cette Dame, toujours différente et encadrée à chaque fois par un Lion à gauche et une Licorne à droite toujours différents eux aussi, ne peut qu'interpeller ceux qu'intéresse le monde symbolique.
         Les explications d'ordre historique qu'apporte Jacky Lorette dans son site sont convaincantes : il s'agirait d'une évocation de la destinée de Mary Tudor, dépouillée du trône de France puis retrouvant un "trône" en Angleterre auprès du duc de Suffolk ; l'inscription "A mon seul Désir" apposée au sommet de la tente du 6e tableau, et suivie d'une lettre à demi cachée que l'on occulte toujours (un R ?), signifierait en fait "A. M. S. D. R."  -
    "À Mary Suffolk Duchesse Reyne", ou  "Antoine (et) Mary Suffolk Duchesse Reyne" (voir le passionnant développement exposé ici ; et lire aussi la note 1 de cet article de Wikipédia).


    Dédicace portée sur la tente qui abrite la Dame dans le
    6e tableau, où elle se débarrasse de ses bijoux.
       
       Mais il est vrai que ces suppositions peuvent aussi paraître trop recherchées et que la série des tapisseries, qui a longtemps été interprétée en relation avec le Roman de la Rose,  possède avec certitude une connotation ésotérique.
     
    Voici une partie (recoupée en as de carreau mais l'original est plus vaste évidemment)
    de la fameuse "6e tapisserie".


           
         Or ce n'est pas un nouveau commentaire qu'en fait Pierre Lassalle. Bien au contraire, cet artiste dans l'âme en propose plutôt une réactualisation sous forme de tableaux contemporains, délivrant un message symbolique directement accessible à notre époque.
           C'est pourquoi le livre que je vous propose est avant tout un livre d'art. Publié dans un format très particulier (21x24,5 cm) par les éditions toutes récentes "Terra Lucida", sur du papier 100% recyclé et avec des encres végétales ("par respect envers la nature"), il présente en regard des oeuvres originales fidèlement reproduites, six tableaux de réinterprétation contemporaine de celles-ci plus deux tendant à reconstituer les tapisseries perdues.
            Ce n'est pas lui qui les a peints, mais un collectif d'artistes réuni sous sa direction. Ceux-ci (des femmes bien entendu, afin qu'elles ressentent le message de la "Dame") relatent dans le livre l'expérience qu'a représentée pour eux (elles) ce travail de recréation.
     

    Sur la couverture du livre, un extrait de la réinterprétation
    du tableau intitulé "la vue".



           Parallèlement à chaque tableau, l'étape correspondante d'un cheminement intérieur est évoquée par un poème composé lui aussi par une femme : Céline Divoor.
         En fin d'ouvrage
    sont indiqués des exercices mettant en relation chaque toile avec un type de travail à effectuer sur soi-même. Un glossaire détaille le symbolisme des différents accessoires, depuis les animaux ou les objets jusqu'aux couleurs employées.

            Enfin Pierre Lassalle développe le concept d'Art Imaginatif, qui est tout le contraire d'un art "exutoire" destiné à exprimer ce que l'on a sur le coeur, et prend modèle sur les peintures de la Renaissance ou du XVIIe inspirées de sujets religieux : il s'agit là de se laisser imprégner d'une image noble et lumineuse, et de tenter de la représenter avec la vision du coeur. Retrouvez les différents tableaux ici sur le site qui est dédié à ce concept.

            Avec ce sujet, il rejoint finalement sa quête initiale : l'esprit de la chevalerie et le symbole du Graal, suprême aspiration que l'on peut parfaitement réactualiser pour l'être humain de notre époque.
      

    Notes : (1) Pierre Lassalle, voir ici (site officiel) et  (page wikipedia).
                (2) Le livre peut être acheté en librairie ésotérique, ou ici pour Amazon et  à la boutique du "Jardin du Graal" .
     
      
     

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    Courage !
    L'hiver a beau être interminable,
    Le ciel a beau être noir,
    Les grues remontent vers le Nord.


    Le printemps va revenir !



     
    D'ailleurs j'ai retiré les flocons de neige de mon blog...
     
     

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           Pierre Lescaut vient de mettre une deuxième vidéo en ligne sur Youtube !

           Pour ceux à qui la première aurait semblé trop chargée, ou qui auraient peu aimé le style "variété" avec des voix ajoutées,  celle-ci offre plus de calme et la présence du piano seul. Les vues des collines de Sainte-Irène, dans la vallée de la Matapédia où vit le compositeur sont pleines du charme de cet hiver particulièrement rigoureux, tout enneigées et bien canadiennes.

          L'Aube des jours, dont je vous ai déjà parlé, est un album uniquement pianistique en vente sur Amazon depuis peu.
    Dans le morceau proposé ici, les accents sont plutôt ravéliens ou debussystes, c'est-à-dire clairs et poétiques.
     

     

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        Connaissez-vous le dessinateur de BD "Léo" ?
         Je l'apprécie car il crée des univers fantastiques, futuristes, tout en conservant un graphisme très classique et une conception claire et posée de la planche BD. Bien sûr dans le genre fantastique il existe des quantités de superbes albums BD, mes filles en raffolent et je m'y mets petit à petit...
         Mais la difficulté, c'est que chaque dessinateur ou scénariste de BD crée aujourd'hui des sagas qui se suivent de volume en volume, ce qui fait qu'en en commençant un on s'engage sur des années, afin de connaître tous les rebondissements d'histoires souvent très complexes ! Même les bibliothèques ne peuvent tout suivre, et on se retrouvent avec des séries incomplètes, ou des séries totalement occultées.
         En ce qui me concerne, je me suis donc passionnée pour les aventures de Kim, l'héroïne d'une longue série d'albums intitulée "Les Mondes d'Aldébaran" et dont l'action se situe à la fin du 22e siècle, à une époque où la Terre, victime de la pollution et de la surpopulation, devient invivable , et où les hommes cherchent à coloniser des planètes similaires dans d'autres galaxies.
         Après la série "Aldébaran", soit l'histoire de la colonisation d'une planète gravitant autour de cette étoile, où en six volumes on découvre que la planète apparemment inhabitée présente en fait un grave danger pour l'humanité à cause d'une présence intelligente au départ insoupçonnée, puis la série"Bételgeuse", qui comprend aussi six volumes au cours desquels Kim, née sur Aldébaran, participe à l'exploration d'une planète habitable située en orbite de cette étoile, aujourd'hui j'ai eu la joie de découvrir le dernier album de Léo : le tome 2 de "Antarès", le 3e volet (et peut-être le dernier ? Mais qui comprendra lui aussi 6 volumes), au cours duquel Kim est pressentie pour observer une 3e planète habitable gravitant cette fois autour de l'étoile Antarès... Voyez ici le site que lui a consacré l'éditeur Dargaud.
         Léo a une imagination remarquable et, tout en mêlant les sentiments et l'aventure, entraîne son lecteur dans une série de Science-Fiction toujours riche en couleurs et aussi en sous-entendus concernant l'écologie et la bêtise humaine. En effet chez lui les "extra-terrestres" sont plus évolués sur le plan moral, au plan de la sagesse, que les humains, et cherchent toujours des individus suffisamment sages eux-mêmes pour leur transmettre quelque chose de positif les aidant à évoluer - du moins jusqu'à présent ! Seules les bêtes, toujours extraordinaires, peuvent être dangereuses.
         Evidemment, à la fin du volume, on reste encore en haleine... Et il faudra attendre un an pour connaître la suite ! Mais si vous ne connaissez pas le début de l'histoire, vous avez dejà treize volumes à découvrir.




         A l'occasion, je vous recommande le blog d'un jeune dessinateur et scénariste de BD qui se lance : Raf... Il sera heureux si vous lui apportez des avis.
     

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    Jour qui s’égare
    Dans les méandres
    Du soir

    Éclat brillant
    D’un joyau
    Dans la nuit

    Point de neige
    Mais au ciel
    Une licorne d’étoiles

    L’astre rit
    Pétillant de clarté
    C’est Vénus-Astarté

    Et l’Unicorne rêve
    Pensive
    Au monde en devenir



     
     

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