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    Riviere-forcee-juil06.jpg

     

    Un chemin de feuillages
    dans un lit de verdure
    où les fées vont glissant
    comme des libellules
    La rivière est trop calme
    en cet été qui dort

     

    Bambous-riviere-forcee.jpg

     

    Au saut d'une grenouille
    les gardons disparaissent
    Et le rideau touffu
    des bambous silencieux
    ouvre à nos yeux avides
    un antre de fraîcheur

     

    La rivière en été

     

    Tu marches dans les eaux
    entre coquelicots
    et chardons fatigués



    promenade coquelicots          promenade_chardons.jpg

     
    Au loin quelques moutons
    devisent en bêlant
    avec leur camarade
    la petite poule rousse

     

    La rivière en été

     

    Le ciel plombé d'argent
    réfléchit longuement
    au désordre estival
    Négligence des hommes
    L'hiver lui nettoie tout

     

    La rivière en été

     

     

    En illustration sonore :
    Symphonie du ruisseau, de Pierre Lescaut,
    un compositeur québécois (éd. De Mortagne)
    extrait de : "la Source des monts"

     

        Note : Voir la réaction de l'auteur en commentaire, et ses compositions en vidéo sur youtube ici.
     
     
     
     

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  •     Pour ceux d'entre vous qui auraient apprécié Robert Bichet, je viens de découvrir que son principal ouvrage, "Parcours secret derrière Orion" est en vente sur ebay !! A ne pas manquer !
        Pour 7€50 seulement (+2,40 de frais de port), vous avez :
        - un magnifique livre de poèmes dont vous avez eu quelques extraits sur ce blog, mais à quoi s'ajoutent des poèmes d'amour, des acrostiches...
        - un descriptif de toute son œuvre musicale et picturale avec le relevé de tous les concerts et expositions déjà réalisés, accompagné de photographies.
        - de très nombreuses reproductions de dessins de Robert Bichet, qui illustrent le recueil tout au long, à commencer par les encres, et en terminant par les belles aquarelles dont je vous ai donné quelques aperçus (en couleurs pour celles-ci).
        Aux éditions François Villon (édition créée par le groupe poétique du même nom qui siège à Issoudun), un beau livre de format 23,5 x 17,5 cm (particulièrement grand) et de 90 pages.

    Parcours secret derrière Orion

     
     
        Et pourquoi ce titre ?...
        Je vous l'ai dit, Robert Bichet est un passionné... Après les insectes (voir sur ce blog mon "Voyage en Côte d'Ivoire"), après le cinéma (voir sur ce blog mon "Noël au Sahara"), il se passionna pour les champignons...  
         ... Puis pour l'astronomie, pour laquelle il acquit une lunette sophistiquée, et enfin pour les timbre-poste - sur quoi nous reviendrons ultérieurement.
     

         Orion, cette immense constellation qui embellit le ciel d'hiver, l'a immédiatement fasciné, et pour elle, toujours passionné du chiffre trois, il a créé :
        - un recueil de poèmes
        - une superbe aquarelle, qui reproduit le tracé de la constellation
      - une oeuvre musicale, dans laquelle les différents instrumentistes occupent chacun la place d'une des étoiles de la constellation.
        De l'aquarelle et de l'oeuvre, nous parlerons ultérieurement.
    Je vous laisse pour le moment apprécier un nouveau poème tiré du recueil, et qui justement fait allusion à Orion.

            Tu fais de la vie
     
    Belle
    ce grand brasier d'étoiles
    où chantent
    où s'émerveillent
    les rêves les plus fous
    les mondes les plus secrets
    les plus lointains voyages
     
    Tu fais de la vie
    Belle
    ces forêts
    ces aurores
    des prairies printanières
    où je chante
    où je cours
    tel un tout jeune enfant
     
    Tu fais de la vie
    Belle
    ce parcours enchanté
    que tes doigts caressants
    tissent
    du côté d'Orion
     
    Et de tes mains posées
    sur mes nuits vagabondes
    naissent des terres nouvelles
    des espaces transformés
    où nous courons ensemble
     vite
    très vite
    de plus en plus vite
     
    Et les oiseaux s'envolent
    Et les statues se taisent
    Ils écoutent en silence
    les battements de ton coeur
    au plus profond du mien

    Robert Bichet, Parcours secret derrière Orion
    © Editions François Villon, 1997   
     
     
     
     
     
     

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        Lorsqu'il vivait à Paris, Robert Bichet fit la connaissance du peintre et graveur Michel Salsmann, et s'enthousiasma pour une de ses oeuvres, intitulée "Mardi 13 février" : c'est une lithographie représentant quatre baigneurs nus dans une piscine sans eau, alors que derrière la vitre il y a la mer...

     

    Mardi 13 février -lithographie de Michel Salsmann

    Reproduction de "Mardi 13 février", lithographie de Michel Salsmann

     
        Après en avoir obtenu de son ami l'autorisation d'utiliser son titre, Robert, conscient de la vision volontairement tristounette porté par celui-ci sur un quotidien grisâtre, décida d'écrire une série de "sept" (car c'est un chiffre sacré !) "Mardi 13 février", en y ajoutant la mention "ou une journée à vivre".
        Pour le moment, il n'en a écrit que trois (et en restera peut-être là, puisque c'est aussi un chiffre sacré ?), qui possèdent entre eux ces deux points communs :

        1 - ce sont des œuvres dédiées à des groupes précis d'interprètes, et plus ou moins de commande.
        2 - elles ont pour trame un poème du compositeur, toujours le même, tantôt dit, tantôt chanté, et toujours illustré à la fin par des diapositives projetées derrière les musiciens.


        Ce poème, écrit par Robert Bichet en 1983 alors qu'il se trouvait à Naxos, dans les Cyclades, s'intitule "Escale", et le voici :

     
    Robert Bichet dans le port de Naxos
     
     
     
    ESCALE
     
     
    Les bateaux se préparent lentement
    Leurs antennes se tendent comme des doigts

    La lune oublie d’éclairer cette nuit sans ombre
    et le temps passe comme un chat silencieux
    l’escale fugitive…
    partir sans jamais arriver…

    Tant d’espoirs foisonnant mais en vain…

    Ce beau miroir d’argent
    Ce ciel demi-ouvert
    Et cette mort latente suspendue à son fil…
    Ce pourrait être celui d’Ariane ou de Kronos
    ou celui d’une attente mystérieuse.

    Détestable araignée
    tu tisses encore une histoire triste
    et tes yeux de verre s’illuminent
    comme ceux des cargos
    qui vont bientôt partir
    nonchalamment, paresseusement.

    Et la nuit magicienne transportera leurs rêves…

     
    Robert Bichet, Naxos, 15 juillet 1983
    © "Parcours secret derrière Orion", Éditions François Villon, 1997
     
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        Le premier "Mardi 13 février ou une journée à vivre" fut écrit pour le percussionniste Daniel Ardaillon et sa classe du Conservatoire de Montluçon - donc pour un ensemble de percussions comportant bien sûr vibraphones, xylophones et autres instruments harmoniques, auquel s'adjoignent des choeurs, un récitant, plus un violon, une clarinette et une trompette. Il fut donné en création par ses dédicataires au théâtre municipal de Montluçon le 12 mai 1987.
       

    "Mardi 13 février" à Montluçon, dirigé par Daniel Ardaillon
     
     
    -  2  -
     
           Le second est le plus étonnant, et c'est celui dont je vais vous joindre ici deux extraits.
        Passionné par tous les instruments de pointe, comme les ondes Martenot, les percussions nouvelles (gongs chinois, wood blocks, temple blocks, shimes...) ou les bandes de sons modifiés, il est naturel que Robert Bichet ait fait un jour la connaissance de Bernard Baschet, créateur de toute une gamme d'instruments dont le fameux "cristal" construit par Jacques Lasry, que l'on fait "chanter" en glissant dessus... (vous avez sûrement déjà expérimenté ce principe en passant votre doigt mouillé sur la circonférence d'un verre à pied).
         Cette seconde oeuvre, agrémentée de voix, d'un violon, d'une flûte, d'un basson et d'un piano tenus par les exécutants mêmes de l'instrumentarium Baschet, fut créée le 19 mars 1988 au Centre Culturel Albert Camus d'Issoudun, sous la direction du compositeur.

     
      Robert Bichet en répétition avec  les instrumentistes Baschet :
    on peut voir au fond les feuilles métalliques où se réverbèrent les voix,
    et devant les différents instruments avec leurs pavillons d'amplification.
    Juste sous la partition à droite, un cristal, dont pendent les petits tubes.
     

        En voici un premier extrait, où l'on entend les voix réverbérées par de grandes feuilles métalliques, et aussi le cristal - très doux et "magique" (ce sont des instants de la journée... ici très contemplatif vers midi).
     


     
        Ici un second extrait, issu de la conclusion de l’œuvre (dynamique, le soir), où, sur fond de "ressort" (cet instrument qui évoque une sorte de vrombissement sourd est en forme de ressort avec un haut-parleur, et s'utilise en frottant dessus avec une baguette), on assiste à un magnifique ballet de percussions rythmiques.
     

     
     
        Quant au troisième "Mardi 13 février", il fera l'objet d'un prochain article...   
     
     

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        Tandis que la totalité de la Gaule rôtit sous l'ardeur impériale du soleil vainqueur, un petit coin de Bretagne résiste encore à l'envahisseur et offre à ses habitants la délicieuse fraîcheur d'une oasis...

    Irréductible Armor



        C'est à Saint-Quay-Portrieux, près de Saint-Brieuc, sur la grève d'Isnain où les toutous sont acceptés (faveur exceptionnelle !) 
        Là-bas les Côtes rocheuses sont dignes de la Sicile et l'on croit y rencontrer Ulysse ou Calypso...
     

    Irréductible Armor

        Vue vers la presqu'île de Gwin-Segal et la pointe de Begastel, depuis la stèle élevée à la mémoire des résistants au-dessus de l'anse Cochat (Plouha, Côtes d'Armor).
     
         Bien sûr, on préfèrerait que ce site sublime ne soit point entaché par les cinq ou six campings-car d'une inélégance totale qui y stationnent... À quand le camping-car en treillis ?)
    **** 
     
          Si vous voulez vous rafraîchir, consultez la vidéo ci-dessous :

    (Il s'agit toujours de la grève d'Isnain à Saint-Quay-Portrieux, par marée haute)

     
     

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  • Robert Bichet-Illustration pour l'Hiver

    Dessin de Robert Bichet (2002) en illustration de son poème "L'hiver"

        Eh ! oui, nous partons, vers les Côtes d'Armor où les bateaux fleurissent !
        Nous entendrons le chant des mouettes et le ressac farouche des houles sur les rochers.
        Nous marcherons, le nez au vent, peinant dans les montées, sur les sentiers côtiers qui voisinent les criques.

    Gwin Segal à Plouha

    Plouha : vue du sentier douanier vers l'anse de Port-Moguer et la presqu'île de Gwin-Segal.

        L'été nous appelle ! Retrouvons les embruns, les vagues caressantes,
        Puis les moules riantes et les crêpes fumantes...
        Quelques bolées de cidre au  marché de Paimpol,
        Puis les galets qui glissent et le ballon qui vole !

        Bréhec, Sainte-Eugénie, nous voici de retour :
        O itron santez Anna, ni ho caro bepred !
        (Bénissez-nous, Sainte Anne)

        Mais comme il s'agit de Robert Bichet (qui n'est pas l'auteur du texte ci-dessus, de moi bien entendu), rappelons ce qu'il aime à répéter sans cesse :
        "
    Dans la vie, lorsqu'une difficulté vous assaille, pensez à ce schéma :

    Chaos - Espace transformé - Éternel départ

        Vous verrez que cela fonctionne toujours ainsi : après la souffrance, vient la guérison, puis le nouveau départ."

        Je vous laisse donc pour une dizaine de jours contempler son "Éternel départ", aquarelle que bien des gens ont voulu lui acheter, mais dont il ne se séparera jamais.

    L'éternel départ -Robert Bichet
    Ce dessin, comme tous ceux de Robert Bichet, évoque la vie qui ressurgit
    du chaos, et qui dévoile de nouveaux horizons, des perspectives toujours plus belles.

     
     
     
     
     

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