•      Ami lecteur,

    Pour lire ce récit, comme les articles de ce blog sont disposés du plus récent au plus ancien (autrement dit, présentent les récits de la fin au début), tu dois te situer dans la rubrique "Voyage en Afrique noire" (colonne de gauche en descendant, ou sous le titre de cet article), puis descendre en bas de page car les numéros de page ne figurent que là et cliquer sur la dernière page. C'est en bas de celle-ci que tu trouveras le premier des articles.

    Mais pour plus de clarté, voici un lien vers celui-ci :

    DÉBUT.

     Ensuite tu trouveras sous chaque article le lien vers le suivant (il y en a 16 en tout, numérotés, plus un hors série qui présente des anecdotes). 

     

    Bonne lecture !

     

     


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    Les Bois d'Avaugour
    Guy Ropartz photographié à Padel, au bout de la plage de Bréhec.

        Les bois d'Avaugour se trouvent en Côtes d'Armor, au Sud de Guingamp à proximité de Bourbriac.
        Ce poème est écrit en hommage à Guy Ropartz, grand musicien breton (on l'appelait parfois le "barde celtique") natif de Guingamp, qui aimait beaucoup ces bois et s’en inspira pour composer le 3e mouvement de sa 5e symphonie.



    Dans les bois d’Avaugour

    Aux collines herbeuses,
    Aux pinèdes ombreuses,
    Nous reviendrons toujours…

    Nous suivrons le regard
    Du vieux barde celtique
    Qui rêvait sa musique
    Dans les lointains épars ;

    Assis près du chemin
    Avec sa canne grise,
    Il écoutait la brise,
    Sa barbe dans la main.

    Nous reviendrons humer
    Le lieu de ses errances :
    Son souvenir y danse
    Dans l’air tout embaumé.

     

     

     
    Début du 3e mouvement (largo) de cette 5e symphonie,
    qui vient d'être enregistrée aux éditions Timpani
    par l'orchestre symphonique de Nancy
    (cité où Ropartz fut longtemps directeur de Conservatoire),
    sous la direction de Sébastian Lang-Lessing (voir ici)

     

    Gaud Ropartz en 1962











    Voici une photo de la fille aînée du compositeur, Gaud Ropartz (à gauche),
    qui s'occupa entièrement du maître à la fin de sa vie lorsqu'il devint aveugle.
    Assise au salon du manoir paternel sous le portrait de son grand-père Sigismond,
    elle nous contait ses souvenirs, en cet été 1962.
     
     
     

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         Avertissement !
      
    Chers amis lecteurs, si le personnage de Robert Bichet vous intéresse, je vous invite à vous rendre sur son site personnel, à l'adresse indiquée ici.

     
     

    Robert Bichet : portrait d'un artiste hors du commun
    Robert Bichet, sous le portrait de Jacques Albrespic
    son maître en composition du Conservatoire National  de Tours.
    Au mur, une encre de l'artiste
    (Photo Daniel Besson,  journaliste à l’Écho-Marseillaise)

     

        Robert Bichet, directeur du Conservatoire d'Issoudun, est un artiste atypique, multiforme, et comme il aime à le dire lui-même avec sa bonne humeur habituelle : "sauvage" !
         Né en juillet 1947 à Bracieux, dans le Loir et Cher (à proximité du parc de Chambord en pleine forêt Solognote), ce fut déjà un miraculé dès la naissance : sa mère ne devait pas avoir d'enfant, cependant il s'annonça ; il naquit prématurément après 6 mois de gestation, dans la maison familiale, aucune couveuse n'étant disponible dans la région suite à la débâcle de l'après-guerre, et malgré ses trois livres de poids seulement, survécut grâce à la canicule qui sévit cet été-là. Atteint de convulsions à l'automne, il fut laissé pour mort par le médecin, et fut ondoyé ; mais le lendemain matin, il vivait de nouveau, à la grande stupéfaction du médecin !
        Très fragile toute son enfance, il resta dans la maison paternelle - une auberge dont les spécialités dans le domaine du gibier allaient en faire l'une des premières tables du pays blésois - jusqu'à l'âge de sept ans : cette période nourrit abondamment son imaginaire d'un attachement indéfectible à la nature et à la terre solognote - transposée aujourd'hui dans le Berry, où il habite. Malheureusement, dès qu'il fut en état de le supporter, son père le plaça dans une pension dont il avait entendu dire grand bien, mais fort éloignée - à Vendôme. Ce fut pour le jeune Robert une rupture effrayante qu'il vécut comme une mise au bagne : et en effet, dans cette pension qu'il ne quittait qu'une fois par mois, il fut horriblement malheureux et souvent maltraité, car nul ne comprenait son caractère rêveur et particulièrement original.
        Heureusement pour lui il poursuivit ses études à Tours, et put bientôt exiger de son père d'entrer au Conservatoire de cette ville. Sa fréquentation chaque été des clients fortunés reçus par ses parents dans leur auberge ("Le Relais" de Bracieux, une étoile Michelin pour la cuisine, avec une diligence devant la porte qui roulait encore parfois pour conduire les clients jusqu'à Chambord) lui avait donné le goût des arts, de la peinture, de la musique et de la poésie. Son premier piano lui fut même offert par une de ces clientes, et sa première "vente-dédicace" d'un ouvrage poétique (Triptyque, paru aux éditions Millas-Martin en 1970) fut organisée par son père au Château de Villesavin près de Bracieux, en présence de l'actrice Madeleine Sologne qui en avait composé la préface.
       
     
    Robert Bichet : portrait d'un artiste hors du communAprès s'être mis à griffonner sur les nappes de papier des bistrots parisiens où il aimait à venir dîner
    ("comme les ouvriers des années 30" disait-il), Robert Bichet développa une technique de dessin
    très personnelle à partir de taches d'encre de chine soufflées.

    Ces premières esquisses datant des années 70 reflètent la nostalgie de son enfance en Sologne,
    lorsqu'il rêvait couché dans les fossés sous la lune, regardant les racines des arbres
    et au loin les vieilles maisons à demi abandonnées dans les clairières...
     
     
        Voici maintenant un extrait d'une de ses plus belles oeuvres musicales : "Neuf espaces sonores" pour orchestre et bande de sons enregistrés, créée à Issoudun le 6 juin 1986 pour l'inauguration de l'Ensemble de Loisirs Sportifs (piscine à vagues, jeux d'eau, bowling et squash), sur un argument des enfants des écoles de la ville, qui effectuaient des figures dans les bassins.
        Il s'agit de la 2e partie de l'oeuvre (le second des "neuf espaces"), intitulée La Cascade, qui est interprétée par l'orchestre des professeurs et des élèves du Conservatoire sous la direction du compositeur, avec le concours de Francesca Paderni aux Ondes Martenot.
     

    (Tous droits réservés, avec l'aimable autorisation de l'auteur et de l'interprète)

     

     
     
     
     
     

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    (suite de l'article du 6 juillet)

        Passionné de Jean-Sébastien Bach, Robert Bichet décida d'étudier le hautbois au Conservatoire Régional de Tours, où il fut admis dans l'excellente classe de Gilbert Flory : son rêve était d'interpréter les cantates... Mais la connaissance plus approfondie de la musique lui en révéla bientôt d'autres dimensions, et tandis qu'il travaillait d'arrache-pied son instrument en brûlant les étapes, il devenait l'auditeur assidu de France Culture, chaîne qui allait lui faire découvrir la musique contemporaine. Sa vocation allait devenir la composition.
        Après avoir été l'élève de Jacques Albrespic à Tours, il fut reçu brillamment en 1972 au Groupe de Recherches Musicales de Radio France où, aux côtés de Pierre Schaeffer, il travailla sur les sons, d'une manière très personnelle et souvent démarquée par rapport à ses condisciples.
        Parallèlement il poursuivit des études universitaires de musicologie et d'arts plastiques, qui lui permirent à la fois d'étudier les techniques de gravure et de faire des stages de direction d'orchestre, pour enfin obtenir ses deux licences.
          
    Les débuts en composition musicale
                                                                
        Auteur déjà de trois plaquettes de poésie : "Triptyque"(Tours, 1970), "De la fenêtre"(Paris, 1972), et "Mes Saisons de Bracieux"(Paris, 1973), il commença à composer lorsqu'il fut nommé professeur d'Éducation Musicale à La Courneuve (Seine-Saint-Denis). C'est en coordination avec les enseignants de français du collège Raymond Poincaré qu'il décida de mettre en musique les œuvres poétiques de ses élèves : pourtant, le secteur était difficile, comme chacun sait. Mais c'est ainsi que Robert Bichet pensait exorciser ses propres mauvais souvenirs d'école : en aidant des enfants eux-mêmes en révolte contre l'institution scolaire à s'exprimer, en les faisant monter sur les planches pour prendre publiquement leur revanche !
        Ce fut un triomphe à La Courneuve cet été 1979, et une révélation pour toute une génération de collégiens du CES Raymond Poincaré :"Du fond du Gouffre", vaste fresque poétique en forme de De Profundis pour deux chœurs d'enfants jouant de la flûte à bec et des percussions, chœur d'adultes et instruments solistes - hautbois, ondes Martenot, vibraphone, glockenspiel, célesta, jeu de cloches-tubes, gongs, tamtams, cymbales... et appeaux - , un récitant et une bande de sons enregistrés, allait marquer pour Robert Bichet le début d'une longue série d’œuvres écrites POUR ses élèves, avec l'aide d'amis musiciens (du moins au début).
           C'est peu après que le jeune compositeur allait obtenir le siège de Directeur du Conservatoire Municipal d'Issoudun, où il s'engagea à poursuivre sur cette même lancée : "Trois métamorphoses du Rêve" allaient voir le jour à Issoudun en 1982, puis en 1985  "le Voyage d'un Papillon", écrit pour Amnesty International d'après des dessins de Folon, et exécuté en l’Église Saint-Cyr d'Issoudun avec des enfants de maternelle aux percussions, joints à l'orchestre des élèves et des professeurs de l’École de Musique.
        L'année suivante, 1986, voyait naître l’œuvre dont nous avons déjà parlé : "Neuf espaces sonores" pour orchestre et bande de sons enregistrés.

        Mais voici un poème de Robert Bichet. Il est extrait de "Poèmes pour mes dessins de nuit", écrit pour les élèves du Collège Raymond Poincaré de La Courneuve en 1978-79 et publié ultérieurement à Issoudun par l'édition locale François Villon (1997).


    Les chats n’ont pas fini

    de m’endormir en marchant
    sur les touches blanches
    et noires du piano désaccordé… 
     

    ***    
     
    Comme vous marchez silencieusement, hiboux à quatre
    pattes !… Les arbres défaits passent et repassent
    le long de vos promenades nocturnes et vous n’y
    pouvez rien, magiciens gris aux yeux de clair de lune.

    Vos rêves font vos regards et vos doigts transforment
    vos déserts sablés de nuits polaires…


    Orion vous guide le long des herbes aux branches
    cassées et vous dormez le jour sur des fauteuils
    de velours.
     
    *** 

     
    À vous ces maisons isolées mystérieux voyageurs
    des ombres…

    Une tête en pierre sillonne votre passage…

    Les arbres s’illuminent et vous faites le mort
    dans vos greniers désordonnés…

    ***    

     
    Vous n’entendez rien, vous êtes ivres… le soleil
    réchauffe l’écaille caressante du lézard assoupi
    sur le crépis jaunâtre de vos demeures inviolables !…
     
    ***  

     
    Un oiseau migrateur transporte un lyre sur le ciel
    bleu-cendré de ces longs après-midis traînards.

    Ô mystérieuse complicité des pierres…

    Et vous géants du soir aux yeux de verre,
    vous rôdez solitaires sous les fenêtres
    à la recherche de nouveaux déserts. 
     

    Robert Bichet : un parcours original
    Au pas de tes silences
    (extrait de "Histoire-avalanche en 20 dessins")
    Encre et aquarelle de Robert Bichet (1990) -
    Tous droits réservés.

     

      
     
     
     
     

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        Parlons un peu du "Voyage d'un Papillon", composé en 1985 à la demande de membres d'Amnesty International.

        Robert Bichet est un farouche défenseur des droits de l'homme. Rien ne le révolte plus que le racisme, la violence, la torture. Il s'est jeté tout en entier dans ce projet, bâti autour des images du calendrier dessiné cette année-là pour Amnesty International par Jean-Michel Folon.

      

    Le Voyage d'un Papillon
    De ce calendrier, on ne trouve plus aujourd'hui que
    ce livre illustré.
    Mais sur le site ci-après on trouve de belles images très proches.


        Cette année-là, en tant que directeur du Conservatoire d'Issoudun chargé d'animations dans les écoles, Robert avait entamé avec des institutrices de maternelle un grand travail de fabrication d'instruments et d'utilisation de percussions avec des tout-petits. Il décida de les utiliser dans sa musique, en leur expliquant bien de quoi il s'agissait :
        "C'est un papillon qui est retenu dans des fils de fer barbelés ; et cela lui fait très mal, au papillon, cela lui déchire ses ailes... Mais à la fin, on enlève les barbelés, et le papillon s'envole, très haut, très haut vers le ciel bleu, si bien qu'à la fin on ne le voit plus..."

        Voici ce que cela donne :

    Le Voyage d'un Papillon 

    Concert donné dans l'église d'Issoudun : tout en dirigeant l'orchestre des élèves et des professeurs du Conservatoire, Robert brandit des pancartes représentant l'instrument dont les enfants doivent se servir.


    Le Voyage d'un Papillon
    Au fond, derrière l'orchestre, on voit les enfants assis à leurs pupitres avec leurs maîtresses, a
    vec devant eux les boîtes contenant leurs objets sonores (photos de Martine Geoffroy,  journaliste au Berry Républicain).
    L'image peut être agrandie.
     

     

        Voici le début de l'oeuvre, qui dresse l'atmosphère de la première partie : "Souffrance". Tout y exprime l'angoisse, les appels au secours, les chaînes, la douleur. Les enfants frottent sur des boîtes de conserves qu'ils ont eux-mêmes arrangées.

     

        Au milieu, un récitant (ici, le comédien Bernard Martin) se lève et énonce les droits de l'homme.


    Le Voyage d'un Papillon 
    Au fond à gauche vous apercevez les amplificateurs des Ondes Martenot, un instrument particulièrement aimé de Robert Bichet, qui sont toujours tenues par Francesca Paderni.
    (Photo M. Geoffroy)

     
        Alors commence la troisième partie : "Liberté". Tout un univers de ciel bleu s'ouvre, et comme un point qui diminue on voit le papillon qui se noie peu à peu dans un océan de bonheur. Les enfants soufflent dans des appeaux qui évoquent les oiseaux et la lumière. Vous constaterez que Robert Bichet, plus contemplatif que jamais comme dans sa poésie, fait tenir interminablement les notes, comme pour évoquer l'inaltérabilité du ciel.

     
     
     
     
     

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