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           Neuvième Jour de mon périple au Québec, il y a presque 40 ans... C'est enfin la "grande aventure" ! Après avoir visité Montréal et fait une petite incursion dans les Laurentides, après avoir suivi de Saint- Laurent et visité Québec, nous entrons dans l'arrière-pays, direction : Charlevoix, Saguenay...

     

         Québec 1967 : 8 - Baie-Saint-Paul

    (Cette carte, retouchée par endroits pour la visibilité, est tirée d'un site touristique canadien.


        Le mercredi 19 juillet, chassant la mélancolie du départ, nous ne tardâmes pas à chanter gaiement. Le paysage se transformait de plus en plus devant nos yeux, et avec l'intensité de la lumière, la chaleur montait. Nous fîmes halte devant la Basilique Sainte-Anne de Beaupré, haut-lieu de pèlerinage du Québec. L'église, quoique majestueuse, me sembla assez banale, sans beauté particulière ; les offices s'y succédaient et l'on y voyait, comme à Lourdes, beaucoup de malades et d'infirmes.

    Québec 1967 : Sainte-Anne de Beaupré
    (Photo du net)


        Bientôt, nous commençâmes à nous éloigner des rives du Saint-Laurent pour nous retrouver dans des régions de collines boisées et de vertes prairies ; le relief n'y était pas très accidenté, mais de plus en plus, nous avions l'impression d'être en montagne, à cause de la végétation de conifères qui prenait peu à peu l'avantage, des prés que l'on ne cultivait plus, et des jolis petits chalets qui embellissaient le paysage. Vers midi, nous parvînmes à Baie-Saint-Paul, une adorable petite plaine qui s'achevait au loin sur les bords de la Saguenay.


    Québec 1967 : 8 - Baie-Saint-Paul
    Baie-Saint-Paul, carte postale d'époque


        Nous nous trouvions aux pieds d'une rude pente à gravir : en haut nous attendait le Balcon-Vert, camp de vacances pour jeunes. Malgré la chaleur accablante, le paysage me rappelait vivement celui des Alpes Bavaroises, où j'avais passé un été quelques années plus tôt ; cependant, lorsque nous fûmes arrivés en haut, épuisés, essoufflés et sans forces, nous apprîmes que nous n'étions qu'à deux cents mètres d'altitude ! Nous venions tout juste de grimper ces deux cents mètres...

    Québec 1967 : 8 - Baie-Saint-Paul
    Baie-Saint-Paul vue du Balcon Vert (image récente tirée du net)


        Le Balcon-Vert était une sorte de village bâti sur un replat de prairie vert tendre. Environné d'une épaisse forêt, il consistait en trois maisons principales (la villa des moniteurs avec quelques chambres, le réfectoire, et la salle des fêtes), et un grand nombre de petites cabanes rustiques et charmantes qui remplaçaient agréablement le classique dortoir.
        Nous avions si chaud que nous aurions souhaité nous mettre à l'aise sur le champ, mais il nous fallut d'abord déguster dans le réfectoire étouffant un repas brûlant et poivré ; puis nous fîmes la vaisselle dans de l'eau bouillante... Voilà qui réchauffe !
        Malgré cette surabondance de calories, j'étais heureuse de me trouver dans un tel cadre, car j'avais l'impression que l'air y était bon et vivifiant.
    Comme il n'y avait pas assez de place pour tout le monde, nous redescendîmes, nous les filles, nous installer dans un confortable Motel de Baie-Saint-Paul. Puis il nous fallut remonter... et l'après-midi se termina agréablement, soit à nous baigner dans la piscine, soit à jouer au ballon sur la pelouse. D'autres préférèrent explorer la forêt ou les prairies avoisinantes. Le site était enchanteur, la vue magnifique, et nous aurions bien voulu passer un plus long séjour à Balcon-Vert.
     

    Québec 1967 : Balcon Vert
    (Vue du net)


        La nuit tombée, nous eûmes encore une sympathique veillée franco-canadienne agrémentée de chants, danses et jeux. Cette soirée fut surtout française, car le Canada n'était représenté cette fois-ci que par le moniteur de l'établissement. Pour clore cette journée, un religieux, le Père Tremblay, nous parla du Saguenay, cette région dans laquelle nous allions nous enfoncer dès le lendemain.

     
    À suivre ici
     
     

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  •    Après la brillante prestation de Merlin des Champs Grégoriens (voir en commentaires du chapitre précédent), je vous apporte ici mes propres réponses aux questions posées, qui donnent parfois un éclairage légèrement différent.


    Question n°7 :
     
    « Quand Jacques Cartier descendit le Saint-Laurent, il s’arrêta d’abord dans un havre naturel près du petit village indien de Stadaconé : c’est sur cet emplacement que, soixante-dix ans plus tard, après avoir rasé le village, Champlain fonda Québec. « Kébec » est un mot algonquin signifiant « rétrécissement des eaux », ou « détroit ».
    (information tirée de l'histoire du Canada de Desrosiers et Bertrand, Montréal, 1925)

       
    Je partage volontiers l'idée de "Merlin" en ce qui concerne la langue normande, mais si vous consultez ce site émanant de l'Université Laval à Québec, vous trouverez ceci :
     
        « Le Québec tire son nom du terme algonquin kebek signifiant «rétrécissement du fleuve », en référence à la partie du fleuve Saint-Laurent qui borde la ville actuelle de Québec, capitale de la province. Le terme est commun à l'Algonquin, au Cri et au Micmac, et il a la même signification dans les trois langues. On trouve l'orthographe Quebeck en 1601, puis Kébec en 1609 et Québec en 1613 (par Samuel de Champlain). »

        Suite de la question 7 :
    « Puis il se rendit à Hochelaga, où il fut reçu solennellement avec ses trente-trois hommes par les Indiens : cette bourgade était sise au pied d’une montagne qu’il nomma Mont-Royal ou Mont-Réal, véritable figure de haut bord sur une île du Saint-Laurent. Ce nom fut dès lors appliqué à l’île entière et à la bourgade qui s’y trouvait. »

    (id. : tiré de l'histoire du Canada de Desrosiers et Bertrand, Montréal, 1925)

       
    Question subsidiaire n°2 : 
     
        « L’expression « faux comme diamants du Canada » vient d’une aventure survenue à Jacques Cartier en 1542. Il remontait le Saint-Laurent et venait de s’établir à terre près des rapides de Lachine – lesquels devaient selon ses calculs ouvrir la route du Pacifique – lorsque des Sauvages lui offrirent de la poudre d’or et des diamants provenant du merveilleux pays de Saguenay.  Ces trésors furent reçus avec les plus vifs transports et Cartier les fit enfermer dans des coffres qu’il ne voulut ouvrir qu’en présence du Roi de France. Hélas, ce qu’il avait pris pour de l’or n’était que pyrite de fer et les diamants du quartz hyalin noir riche en mica. Les craintes de Charles Quint aussi bien que l’espoir de François Ier avaient été vains. Le proverbe naquit « faux comme diamants du Canada », et le troisième voyage de Cartier n’ayant eu aucun caractère positif, il ne fut plus question d’un quatrième voyage pour le hardi Malouin. »
     
         Question subsidiaire n°3 :
     
        « Lors de la fondation de Québec, Sully eut un mot malheureux qui rappelle bien l’opinion de Voltaire sur le Canada (« ces quelques arpents de neige… »). En effet, il décréta :
        « Les choses qui demeurent séparées de notre Corps par des terres ou des mers étrangères ne nous seront jamais qu’à charge et à peu d’utilité ».
        Une autre phrase peut lui être également reprochée. Il aurait dit, lors des voyages de Champlain « qu’on ne pouvait attendre aucun profit des pays situés au-dessus de 40° ». Mais comment pourrait-on tenir rigueur à Sully d’une erreur très explicable en son temps, alors que plus d’un siècle après lui, des Montesquieu ou des Voltaire écriront sur le Canada des textes extravagants ? Qui songe à traiter Monsieur de Voltaire de sot ou d’homme borné alors qu’il ironisait au sujet du Canada en disant, à propos de revers : « Décidément, si Sa Majesté a besoin de fourrures pour cet hiver, elle devra s’adresser directement à Londres ! »
        Au fait, l’opinion populaire était-elle bien différente de celle des Grands ?

    Pour connaître l’illusion,
    La faridondaine, la faridondon,
    Faut aller au Mississipi,
    Biribi ! 
    »

     

        Quoi qu'il en soit, je vous félicite de vos recherches, et vous donne rendez-vous pour la prochaine étape de ce merveilleux voyage : Baie-Saint-Paul, dans le Charlevoix ! (En 1967, à une époque où la région n'était pas encore envahie par les touristes...)

     

     
     

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  •       Vu votre érudition, et la facilité que l'on a aujourd'hui à trouver des réponses sur le net, je vous laisse trouver par vous-mêmes les réponses aux quelques autres questions que je vous avais indiquées dans  mon article du 23 février...  

        
       Je vous avais alors promis de répondre aux questions 6, 7, 11, et subsidiaires n° 1, 2 et 3.
        Pour la 6e, la réponse a été apportée ce jour. Mais pour la 7e, je vous laisse chercher.

       
    "Comment s'appelaient, à l'époque de Jacques Cartier en 1534, les deux bourgs indiens qui sont devenus Québec et Montréal ? Et d'où leur vient leur appellation actuelle ?"
    (J'ai rajouté cette seconde interrogation, qui me semble aller de soi)
     
       
    Je vous laisse également répondre aux questions subsidiaires n° 2 et 3 : 

       
    - "D'où vient l'expression "faux comme diamants du Canada" ?"
           
    et
           - " Que dit Sully lors de la fondation de Québec ?"
       
       
    En ce qui concerne le sort des populations autochtones du Canada (question subsidiaire n°1), le travail que j'ai effectué n'est sans doute plus d'actualité, d'autant plus que les infos reçues à l'époque de l'Ambassade étaient peut-être enjolivées...
        Et pour la question 11 (qui concerne l'effectif de la population française en 1760), cherchez également si vous le souhaitez.
         Mais croyez-moi, il était beaucoup plus difficile pour une petite provinciale en 1967 de trouver ces réponses qu'aujourd'hui ! Je me rappelle quelle joie immense m'a soulevée lorsque certains de ces mystères m'ont enfin été dévoilés...!

       
    J'attends vos réponses en commentaires... Alors, à vos claviers ! 

     
     
     

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    Château Frontenac de nuit

    (Le château Frontenac -Image tirée du net) 



    C'est un château sans lune,
    Mirage dans l'espace étoilé...

    Elle n'avait qu'un sourire à donner :
    Elle en mourut.

    - Souffle ta bougie,
    Et traverse les corridors déserts,
    Dans le froid et la nuit,
    Jusqu'à la salle obscure
    Où veillent les cheminées ;

    Telle une fumée légère,
    Glisse-toi dans l'âtre vide,
    Et remonte le goulet jusqu'à l'air libre,
    Jusqu'à l'espace ouvert,
    Jusqu'au ciel nocturne !

    Une sorcière sur son balai
    A traversé l'air en sifflant
    À une vitesse étourdissante.

    Et tu te lances à sa poursuite,
    Cramponnée à la crinière de tes rêves
    Qui filent comme le vent ;
    Il faut aller au-delà du rideau noir,
    Le soulever, passer, passer coûte que coûte !

    Il se plisse à l'horizon ;
    Les machinistes du ciel le relèvent à grand ahan,
    Tirant de toutes leurs forces sur les cordages des constellations.
    Et tu glisses sur ton esquif léger,
    Humant le vent du large à pleins poumons...

    Courage ! Le but est proche !

    - Et soudain, sans que rien ne cessât d'exister
    Au décor de cette grotte obscure,
    Sans ébranler sur son passage
    Ni le ciel, ni le château, ni le paysage,
    Le vaisseau toutes voiles gonflées
    Franchit la barre dans un grand frémissement...
     
     

    Aurore boréale au Canada
    Aurore boréale au Canada (image du net)

     

     

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  •    Voici ma réponse à la question 6 (voir ici) du dossier "je prépare mon voyage au Canada" (rédigé en 1967):  

        En ce qui concerne l’origine des premiers occupants du Canada, on en est encore à formuler des hypothèses : s’agit-il d’un peuplement très ancien de l’Amérique par l’Europe, par la voie des îles du Nord ? Cette hypothèse est aujourd’hui abandonnée. Ces premiers occupants seraient-ils venus d’Asie ou de Polynésie au fil du Kouro-Sivo ou en transitant par le détroit de Béring il y a très longtemps ? Ou bien encore les sauvages américains seraient-ils des peuplades autochtones remontant à la période glaciaire préhistorique ? Mais les fouilles et découvertes archéologiques récentes ne les font pas remonter à plus de deux ou trois mille ans.
    (Note : aujourd’hui on trouve des traces jusqu’à –50.000 ans, d’une population de type plus australoïde que mongoloïde venue peut-être par le Japon ?).


    Les premiers occupants du Canada
    Jean Maillard : guerriers Hurons (les meilleurs amis des colons français)


        Toujours est-il que lors de l’arrivée des Français au Canada, le territoire était occupé par au moins quatre grandes familles ethniques :
     

        1) Les Algonquiens, des nomades qui occupaient à l’Est du Canada un territoire formant un triangle renversé dont la base se confond avec le 60e parallèle, et dont la pointe aboutit aux environs du Cap Hatteras (pointe est de la Caroline du Nord, aux Etats-Unis). Cette race algonquine comprenait plus de cinquante tribus parlant des dialectes différents et réparties en trois groupes principaux : le premier, au Nord du Saint-Laurent, était constitué des « Algonquins » d’origine, c'est-à-dire des Montagnais, des Atticamègues, des Pieds-Noirs, des Cris-de-la-Prairie, des Objiwés, des Amalécites, des Cheyennes, etc.... Le second groupe, sur l’Atlantique, comptait entre autres les Micmacs, les Mohicans, les Massachusetts, les Delawares… Enfin le troisième groupe campait à l’ouest des Grands Lacs, sur le cours supérieur du Mississipi, et on y trouvait notamment les Malomines, les Renards, les Miamis, les Illinois, les Sakis… Les Algonquins et apparentés (« Algonquiens ») vivaient de chasse, de pêche et d’un peu de culture.

      
    Jean Maillard : reproduction à la plume d'une Chanson Mic-Mac
     
        2) Les Hurons-Iroquois, peuplade sédentaire formant une enclave en territoire algonquin, sur le bassin des Grands Lacs, surpassaient tous leurs congénères en intelligence, en organisation politique, en valeur guerrière (surtout les Iroquois) ; ils possédaient des villages fortifiés et vivaient davantage d’élevage et de culture. On y reconnaît une dizaine de groupes distincts (Hurons, Pétuneux, Mohawks, Cherokees, etc.) .

    Les premiers occupants du Canada
    Jean Maillard : reproduction d'une gravure de Hébert représentant un Iroquois
    se battant contre un colon français


      3) Les Muskogees ou Creeks habitaient plus au sud et comprenaient la plupart des tribus du Mississipi inférieur. Les principales étaient les Appalaches, les 
    Chactas, les Chicachas, les Natchez, les Taensas. Ils vivaient surtout des produits du sol.
     
       4) Les Sioux enfin, habitaient le long du Mississipi supérieur. C'étaient, à proprement parler, les sauvages des plaines. Ils comprenaient sept groupes différents et ont été nommés "Iroquois de l’Ouest" à cause de leur passion pour la guerre, de leur cruauté et de leur duplicité. Ils furent les derniers à entrer dans l’alliance française.

       
        Les Sauvages du bassin de Mackensie et du versant occidental des Rocheuses appartiennent à l’histoire du XIXe siècle.
        Quant aux Eskimos (Inuits), ils forment un groupe à part, l’un des plus curieux de l’espèce humaine, paisible et attachant. Ils sont disséminés sur le littoral de l’Océan Glacial, de la Baie d’Hudson et dans les Iles Polaires. Ce groupe isolé vivait de mammifères marins et de caribous, habitait des huttes de glace et de neige (igloos), se vêtait de peaux de bêtes et voyageait sur des traîneaux tirés par des chiens. Ce sont d’habiles artisans dont Paul-Emile Victor a vanté l’hospitalité
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