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    Il avait une cage où chantait un oiseau
    Il eut peur de le perdre et il ferma la cage
    L'oiseau chanta plus fort

    L'oiseau chanta si fort et pépia si haut
    Qu'il eut peur de l'entendre
    Il jeta sur la cage une étoffe ouvragée
    Pour oublier le chant pour oublier l'oiseau

    Mais sous le drap brodé
    L'oiseau chantait encore
    De sa petite voix étouffée
    Et il eut mal si mal qu'il voulut le cacher
    A tout jamais
    Il courut le ranger dans un placard
    Sous une épaisse couverture

    Mais dans son rêve
    Il vit un tout petit oiseau doré
    Qui chantait qui chantait
    Un chant d'amour si beau si doux si nostalgique
    Qu'il s'éveilla soudain serrant son cœur à pleines mains
    Comme s'il allait mourir

    Où l'avait-il caché
    Pourrait-il jamais s'en souvenir
    L'oiseau de ses matins l'oiseau de ses bonjours
    L'oiseau de ses soleils
    L'oiseau Lumière-de-ses-jours
    L'oiseau de Vérité

    L'oiseau de sa Vie
    L'oiseau de son envol
    Oxygène et respiration
    Printemps navires et voyages lointains

    Il aurait pu mourir
    Certains meurent à ce moment-là
    Juste lorsqu'ils sentent l'oiseau perdu

    Mais lui il se souvint
    Il se leva et crut encore
    Il crut encore en lui-même

    Il alla ouvrir le placard
    Ota la couverture
    Leva le linge brodé
    Saisit la cage et l'amena à la fenêtre
    Ouvrit la petite porte
    Et prit entre ses mains l'oiseau tremblant

    Le réchauffa et lui parla
    Soufflant doucement sur son bec et ses plumes
    Et lui dit
    Chante chante pour moi
    Et envole-toi s'il te plaît
    Même au risque de te perdre à jamais

    L'oiseau ouvrit ses yeux et remua ses ailes
    Frémissant de partout il ouvrit le bec pour chanter
    Mais aucun son ne vint

    Il lui dit
    Je t'aime
    Tu es l'oiseau de ma Vie
    Et il ouvrit ses mains

    Alors l'oiseau battit des ailes et s'envola
    Mais non par la fenêtre ouverte
    Dont les effluves odorants soulevaient ses plumes

    Il alla se poser sur son épaule
    Et lui souffla dans l'oreille
    Le plus beau le plus limpide
    Le plus merveilleux des chants d'amour

    Il pleura
    Cette voix était si douce
    Plus douce encore que dans la cage
    Plus tendre encore que dans son rêve
    Si proche et si intime
    Si présente et si caressante

    De ce jour l'oiseau ne quitta plus jamais
    Ni son oreille ni son cœur
    Même pour dormir

     
     

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    Un envol de canards érafle la rivière
    Le feuillage d'argent étincelle au soleil
    C'est la fin de l'été qui pleure sa lumière
    Sur les joncs éblouis de la berge  en sommeil 
     
     
     
     
     

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  • Le Poème 
     

    Petit poème, nais sur mon papier,
    Et je te donnerai une cage dorée,
    Une escarpolette flexible,
    Un coin à ma fenêtre…

    Petit poème, caracole sous ma plume,
    Et je te taillerai un enclos de bois blanc,
    Un beau filet de cuir,
    Une longe et un piquet !

    Petit poème, cabriole dans ma tête,
    Et je t’attraperai d’une course précise,
    Et je te fixerai sur mes lignes bleutées,
    D’un trait définitif…

    - Non ! répond le poème. Non, je ne viendrai pas !
    Je n’aime pas ta prison,
    Je ne t’appartiens pas.
    Laisse-moi plutôt flâner en tes rêves …

     
     


     
     

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  • Le temps va retrouver son charroi monotone ;
    Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !

    (d'après Louis Aragon et Charles Baudelaire)

    C'est la rentrée...
    *



    Martine Maillard
     
     

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  •        
         Je reviens du pays sarladais où je me suis ressourcée quelques jours au bord du Céou, dans la région de Castelnaud. Quel merveilleux pays ! Et que de souvenirs ! Lune-Soleil, Dhagpo, le Chant des Toiles, la Galerie de la Licorne, Terre de Jor... Tout cela perdu, car même à Dhagpo, il ne fallait pas espérer entrer : ce merveilleux petit monastère noyé dans les collines ressemble bientôt aux JMJ de Benoît XVI : immenses parkings saturés de voitures à l'infini,  énormes tentes défigurant tout le paysage... Où sont les ermitages accrochés aux flancs des montagnes que décrivaient Anne et Daniel Meurois-Givaudan dans  "Le voyage à Shambhalla" ?
           Finis, les temps de l'espoir, du renouveau, du millénium ; bonjour, la répression et le business. 
           Cependant, parmi toute cette mélasse, je me suis décidée à lire le fameux "Da Vinci code" - auquel j'ai été longtemps réfractaire en partie à cause de son titre qui me déplaît toujours autant, du moins dans sa traduction française ("THE da Vinci Code" était déjà beaucoup plus clair ! Mais enfin, pourquoi ne parlons-nous pas français,  et n'écrivons-nous pas : " le code de Vinci" ?).
            Bref, après quelques efforts et gromellements de démarrage (du mal à pénétrer dans ce livre ?), je suis bientôt tombée sous le charme de la légende du Saint-Graal selon Marie-Madeleine... Comment ! Moi, lire un tel livre en un  tel endroit, à quelques lieues à peine de la grotte de la Madeleine que je détaillais  en 1997,  puis en 1999, l'Evangile de Marie-Madeleine en mains, retrouver ici même les sources  de la plus haute aventure que j'aie jamais vécue et qui, malgré répression et business,  ne sera pour moi jamais perdue, jamais oubliée, jamais un vain mot ?
            Pour preuve, une petite grimpette dans la montagne au-dessus du Céou, et vlan ! Une grotte m'est apparue, presque identique sauf qu'elle n'avait pas été habitée... ou si peu. La voici :






     

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